VERS UNE MEDECINE DANGEREUSE ?
La médecine a, de tous temps, tenu un rôle particulier et très important dans l'histoire des hommes. Elle fut toujours considérée comme une aide indispensable pour l'être humain, étant donné que son rôle consiste avant tout à préserver la vie et à faire tout ce qui est possible pour guérir les maladies diverses qui menacent l' existence humaine. La santé, par son importance pour tout l'individu, a toujours été considérée comme une valeur inestimable, puisque qu'elle est la condition essentielle de l'existence et de la conscience humaine. S'occuper de préserver la vie, de la défendre contre toutes les menaces qui la mettraient en péril, la diminueraient ou la tueraient, étaient des tâches considérées comme nobles et dignes de respect. Cela explique l'importance primordiale que l'on accordait alors à ceux qui endossaient cette lourde responsabilité: les médecins. Dans l'antiquité, ils étaient considérés comme des initiés tout particuliers qui avaient reçu, dans des centres de mystère, des enseignements occultes réservés à des individus de grande sagesse et de force morale avérée. Ils étaient les responsables de la santé des individus de leur société, étaient formés pendant de longues années à cette tâche difficile et en toute humilité, ils se considéraient comme des serviteurs de l'humanité, dirigés et adoubés par la force divine. La culture grecque a légué à l'occident un témoignage précieux concernant la hauteur et la noblesse du statut du médecin, à cette époque: le serment d'Hippocrate (4ème siècle av.J.C.). Respect de la vie, de l'être humain, agir de manière désintéressée pour soigner les malades. Il suffit de relire le texte prononcé lors du serment, pour en mesurer l'infinie sagesse, la transcendance inhérente.
Le serment d'Hippocrate est resté un témoignage important pour beaucoup de médecins, jusqu'à nos jours. C'est un engagement que les étudiants en médecine qui ont accédé au titre de "docteur en médecine", prononcent parfois encore aujourd'hui, dans certaines universités. Mais "prêter serment" a souvent pris, de nos jours, une signification toute relative. Alors que dans l'antiquité, le serment était scellé devant "les dieux" ou devant "Dieu" à l'ère chrétienne, envers qui s'engage-t-on aujourd'hui, dans une culture devenue matérialiste, agnostique voire athée? Que de fois ne jure-t-on de nos jour, sur "l'honneur" ce qui a, pour bien des gens, une signification très floue, tout au plus symbolique sinon fictive? On peut observer, lors de débats télévisés, d'émissions radiophoniques, que certains médecins parlent du serment d'Hippocrate avec un détachement amusé voire de l'ironie. Aujourd'hui on considère comme plus adéquat et plus "concret" d'invoquer le "code de déontologie médicale"... Ceux qui considèrent le serment d'Hippocrate comme essentiel, sont souvent considérés comme de doux rêveurs, des idéalistes invétérés. Toute notion de sacré ayant pratiquement disparu, il s'agit aujourd'hui avant tout d'être pratique, efficace, économique, selon une réglementation structurée imposée... Les praticiens n'ont plus le choix du traitement qu'ils considèrent comme adéquat, ils doivent s'engager à suivre une thérapie imposée, un protocole de soins.... Légiférer, au lieu de pratiquer selon des choix personnels pour individualiser des thérapies adaptées à chaque malade. Des structures techniques et réglementaires pour une efficacité plutôt administrative et pécuniaire au lieu d'une approche vraiment humaine... Les résultats, nous pouvons les constater journellement, dans tous les domaines couvrant la médecine actuelle. Le monde médical est devenu une machine démesurée, une industrie énorme, qui semble sortie de l'imagination de Kafka. Cette structure "moderne", technique, est-elle capable de redonner à l'individu son équilibre et une confiance indispensable, puisque le facteur "psychosomatique" est essentiel pour une vraie guérison? L'être humain n'est pas seulement une mécanique physique, il est aussi âme et esprit. Il est vrai que de nos jours l'âme et l'esprit ne sont considérés que comme des "conséquences fonctionnelles", des "produits naturels" issus de l'organisation physique, matériel. On pense en donner des preuves "évidentes", en observant les effets de drogues diverses sur le psychisme humain...Tout est ramené à une vision exclusivement matérielle donc aléatoire et réductrice.
Un autre problème extrêmement préoccupant du monde médical actuel concerne l'industrie des médicaments. Cette dernière se présente comme un espace très particulier qui génère constamment des produits faits pour être vendus et utilisés. Le commerce des médicaments est, par nature, intimement lié au milieu médical: les médecins les prescrivent, les hôpitaux les utilisent journellement. Ce sont les malades qui sont, volontairement ou involontairement, les "clients" des laboratoires et industries pharmaceutiques. Ces derniers en tirent des bénéfices considérables. Or, là aussi, se présentent des problèmes et des scandales . L'insatiable appétit de bénéfices appelés à augmenter sans cesse, ce trait constant de notre culture économique actuelle, est aussi le trait dominant des industries pharmaceutiques. Les notions de service, d'aide à l'humanité sont devenues des prétextes illusoires: ce qui compte, ce n 'est plus de fournir en premier lieu des médicaments utiles pour guérir et sauvegarder la vie de l'humain, la priorité est celle du rendement financier, le souci de satisfaire des actionnaires avides de bénéfices financiers immédiats et croissants. L'affaire du Mediator en est une illustration parmi bien d'autres. Mon exposé du 9 janvier 2011 (la médecine sous influence) sur ce site avait déjà évoqué ces problèmes. Il avait été apprécié par beaucoup de lecteurs, ce qui reflète que les problèmes évoqués ici, préoccupent beaucoup de gens.
Il est évident que tous ces scandales insupportables ne sont possible que dans un contexte politique qui est lui aussi très contestable et souvent assez trouble. Notre sécurité sociale, qui est un acquis essentiel dans notre pays, connaît des difficultés financières croissantes. La médecine officielle, à travers toutes ses structures, devient de plus en plus onéreuse. Pressé de diminuer rapidement le poids des dettes, notre pays doit faire des choix difficiles. Comment diminuer les dettes constantes et croissantes, sans ôter à la médecine de notre pays sa tâche essentielle: préserver la vie, soigner les malades, être au service de la santé publique? Parmi les urgences évoquées, il convient aussi d'analyser l'utilité, la valeur des médicaments que la Sécurité sociale doit, en partie, rembourser. C'est le grand débat actuel. On est obligé de constater, que certains grands industriels des médicaments n'hésitent pas à mettre sur le marché, avec la passivité des services étatiques de surveillance, des médicaments dont le bénéfice/risque est plus que problématique. Il devient donc évident que l'Etat, notre gouvernement qui devrait être intraitable quand il s'agit de la vie et de la santé des citoyens, n'est pas toujours intervenu pour sanctionner ces pratiques. C'est très grave. Nous tenons à rendre attentifs nos lecteurs que l'excellente émission "C' dans l'air" sur la cinquième chaîne de télévision, a, le 8 juillet 2011, sous le titre "médicaments: le grand inventaire", exposé largement les problèmes et enjeux évoqués. Nous encourageons tous nos lecteurs soucieux de connaître la vérité sur les problèmes exposés, de revoir, sur internet, cette émission tout à fait exceptionnelle. Exceptionnelle, parce que les intervenants ont exposé courageusement ce qui se passe actuellement dans le monde de l'industrie pharmaceutique et celui des pratiquants de la médecine qui utilisent les produits de cette dernière. C'est effrayant et on peut que souhaiter que la population, qui seule par son droit de vote, peut influencer le cours des choses, prenne conscience de ces problèmes. L'attrait de l'argent a partout supplanté le souci de la valeur et de la dignité humaine. Si la médecine, au lieu de sauver les vies, de guérir des maladies, se laisse entraîner dans des perspectives uniquement marchandes et financières, notre société va vers sa perte. Sans compter qu'elle comptera rapidement deux niveaux: une médecine fourre-tout où l'individu sans gros moyens financiers sera livré à une médecine de masse, une autre soucieuse de qualité, de bons soins, précautionneuse et réservée à une élite financière capable de verser des sommes considérables...Où resteront dès lors les idéaux républicains proclamés sans cesse dans notre pays: liberté, égalité, fraternité?
N'est-il pas insupportable que des lobbies uniquement intéressés par l'argent puissent, grâce à une passivité de la classe dirigeante, mettre sur le marché des produits qui peuvent provoquer des maladies au lieu de soigner? Si la précaution "bénéfice-risque" concernant l'administration d'un médicament était appliquée à la lettre, il devient évident, que l'on pourrait renoncer à un grand nombre de médicaments, qui, loin de soigner, font empirer l'état sanitaire des malades. Un des intervenants dans l'émission citée plus haut, a évoqué comment certains médicaments prescrits aux seniors pouvaient expliquer l'accroissement vertigineux de la maladie d'Alzheimer. Il faut souligner que tous les participants à l'émission sont des personnalités expertes du monde et de la pratique médicale. On peut regretter qu'une telle émission ne soit pas diffusée sur les chaînes à très grande audience...Il est évident que les responsables des abus évoqués ne tiennent pas à la publicité d'une telle émission. Une raison de plus d'encourager les gens à s'informer pour ne pas devenir un jour les victimes d'un système qui risque de devenir de plus en plus inhumain.
Le serment d'Hippocrate est devenu, malheureusement de nos jours, trop souvent un serment d'hypocrite, parce que, dans notre monde occidental, le sens véritable de l'humain s'est peu à peu perdu. Le matérialisme, l'amoralité et finalement l'immoralité l'emportent sur les grands idéaux humanitaires. Faut-il se résigner à vivre désormais dans un tel monde, une telle société?
Non! Au cours de l'histoire des hommes, il y eut bien des crises, bien des bouleversements, bien des révolutions. Le monde a évolué constamment parce que les mentalités, les esprits évoluent sans cesse. Les dérives et les catastrophes sont souvent incontournables pour appeler des réactions contraires, pour changer le cours des évènements. Nous sommes mieux informés que jamais sur les évènements dans notre société. Encore faut-il que ces informations soient exactes. Or, elles sont souvent manipulées, superficielles, tendancieuses, contradictoires afin de brouiller notre esprit, notre pensée. Nous devons donc nous informer nous-mêmes aux bonnes sources (il existe de très bons livres écrits par des médecins, spécialistes sérieux) être éveillés, vigilants, libres. En prenant conscience des faits et évènements, nous pourrons chercher à en déceler les causes véritables. A partir de là, il nous faudra agir selon notre conscience en toute liberté et selon nos possibilités qui sont, malgré tout, diverses et nombreuses. C'est ainsi que nous pourrons à notre niveau, en étant conscients et responsables, influer sur notre monde, notre société en constante évolution. Car chaque individu est responsable de sa vie, de celle des autres et de l'avenir de notre société.
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