Dans quelques semaines, la France élira son nouveau Président. La campagne électorale aura été longue, oui peut-être même, pour certains, trop longue. Au fil des semaines, les candidats à la présidence se seront épuisés à rester dans la course, dans une France devenue très inquiète quant à son avenir... L'endettement grave de notre pays, dans une Europe en crise, où tous les pays européens sont confrontés à des problèmes très graves, plonge les populations dans une profonde inquiétude et une peur constante de l'avenir. Les solidarités sont mises à rude épreuve, dans un monde tourmenté, chaque nation cherchant à tirer politiquement son épingle du jeu. L'avenir est devenu incertain et chargé de multiples menaces. Une épreuve déterminante pour toutes les nations, pour toutes les populations, car les enjeux ont depuis longtemps dépassé les frontières.. De par le passé, les affrontements entre nations aboutissaient à des guerres où le vainqueur imposait sa loi au plus faible. Aujourd'hui les batailles se jouent sur le plan économique... Une guerre sournoise et insidieuse, où les enjeux financiers, l'appât du profit jouent un rôle prédominant... Les affrontements politiques dans notre pays, à l'occasion des élections présidentielles, illustrent parfaitement les inquiétudes que suscitent les problèmes multiples auxquels nous sommes aujourd'hui tous confrontés. De multiples menaces pèsent sur notre avenir, qui mettent en grand péril nos acquis sociaux et l'avenir d'une Europe qui devrait enfin se construire, pour affronter la concurrence des nouveaux géants économiques. Au lieu d'analyser objectivement les problèmes et menaces auxquelles il faut faire face, on se laisse vite emporter dans des guerres partisanes dont le but premier est d'essayer d'éliminer le parti adverse. Dans une telle dynamique, on aggrave encore les situations: au lieu de résoudre les problèmes, on les multiplie encore davantage, en ajoutant aux problèmes objectifs, ceux dictés par une subjectivité passionnelle. Or le passé politique de notre pays nous démontre qu'une politique uniquement bâtie sur un affrontement constant, réduit considérablement l'impact et la durée de son influence réelle.
Aujourd'hui les enjeux sont encore plus considérables, car les problèmes sont multiples, menaçant notre avenir à tous. Il y a encore peu de temps, un nombre croissant de Français prenait conscience des problèmes provoqués par une exploitation démentielle de nos ressources naturelles et de leur utilisation souvent contestable, les pollutions et dégâts provoqués sur notre environnement. Nos civilisations modernes , depuis bien des années déjà, sont entrées dans la démesure en consommation et en pollutions diverses. On s'empare de ressources naturelles issues d'une très longue évolution terrestre...Tout cela pour non seulement consommer à outrance, mais aussi provoquer des pollutions et des nuisances qui menacent les populations. Nulle civilisation de par le passé, n'a porté de telles atteintes à la nature, à notre environnement, à notre cadre de vie. Est-ce cela l'aboutissement d'une civilisation qui se considère comme savante et dotée d'une grande intelligence ?... Les sciences qui ont ouvert notre esprit à de nombreux aspects du monde qui nous entoure, à force de vouloir rester "objectives", ont donné une vision de l'être humain qui n'inclue que l'aspect matériel de l'individualité. Les grandes dérives de l'histoire humaine contemporaines ont causé d'innombrables catastrophes, induites par les applications d'une science au service de la seule utilité matérielle et des égoïsmes humains. qui, au lieu de servir l'humain, finissent à terme par l'asservir et finalement le détruire. Aujourd'hui, dans divers domaines, la science a été exploitée et utilisée sans conscience morale, pour servir des intérêts particuliers, financiers, politiques. On oublie que la valeur d'une civilisation se mesure à sa capacité de réflexion et d'intelligence. Or ce que l'on observe, c'est que l'intelligence est essentiellement utilisée dans notre monde actuel à des fins d'utilité matérielle immédiate, sans réflexion sur les conséquences sur notre cadre de vie, le monde où nous vivons et que nous devrons laisser à nos enfants. Nous utilisons les ressources naturelles comme si elles étaient inépuisables alors que nous savons que cela n'est nullement le cas.
Suite aux avertissements des écologistes, notre gouvernement s'était, il n'y a pas si longtemps, engagé à tenir compte des revendications "vertes" en signant devant les caméras de télévision, un engagement d'entamer à l'avenir une politique plus responsable de l'environnement pour tenir compte des priorités d'ordre écologique. Nicolas Hulot, bien connu du grand public par ses émissions télévisées, tenait la vedette, en proclamant l'urgence d'arrêt des pratiques irresponsables qui mutilent l'environnement et appauvrissent toujours plus la terre et les ressources naturelles. Les ténors des grands partis politiques avaient participé à la grande célébration des signatures, en affichant leurs convictions écologistes. Nicolas Sarkozy s'était montré politiquement solidaire des écologistes en apposant sa signature au bas de l'engagement symbolique. Jean-Louis Borloo , Nathalie Kosciusko-Morizet participaient avec conviction à cette grande messe médiatique qui semblait annoncer de nombreuses réformes, nécessaire car elles devaient se concrétiser par des innovations écologiques qui créeraient aussi un nombre importants d'emplois nouveaux. Les industries du solaire entre d'autres, devaient générer de nombreux emplois et diminuer considérablement la facture énergétique de la France, le pétrole devenant de plus en plus cher. Le gouvernement avait promis d'encourager les Français à s'équiper en panneaux solaires, en accordant des subventions. La proposition semblait très encourageante, d'autant plus que le photovoltaïque était encouragé par EDF qui proposait l'achat de l'énergie générée, ce qui encourageait nombre d'agriculteurs de s'endetter pour installer des panneaux solaires. Depuis la crise économique s'est installée et le gouvernement a rapidement oublié ses promesses...La production de panneaux solaires en France a stagné, suite à un manque de structures efficaces, de savoir suffisant, de soutien de l'Etat. Dans l'intervalle , l'Allemagne, dans sa volonté affirmée de sortir progressivement du nucléaire, a considérablement développé ses techniques solaires et est devenue en Europe un exemple à suivre. La Chine se profile de plus en plus comme le pays qui se spécialise dans la production de panneaux solaires et cela à des prix défiant pour le moment toute concurrence.
Alors que notre président semblait acquis à l'idée de la nécessité du développement d'énergies nouvelles, pour être moins dépendant, à terme, du nucléaire, les énergies "écologiques" sont actuellement "oubliés". Les lobbyistes nucléaires l'emportent sur les décisions politiques du futur. Tchernobyl et Fukushima, les multiples "incidents nucléaires" sont passés à la trappe...N'est-il pas désolant que seule Eva Joly, courageusement, ose rappeler les enjeux et les menaces sur notre futur? Mais les sondages nous rappellent que la majorité des Français ont la mémoire courte et ne voient que les problèmes immédiats: le chômage et la perte du pouvoir d'achat. Paralysés par ces soucis, ils ne sont plus capables de réfléchir sereinement à l'avenir. On peut comprendre qu'une majorité de Français s'inquiètent pour le maintien de leur emploi, que d'autres encore désespèrent de ne pas trouver ou retrouver un emploi qui leur permette de vivre dignement. Pour comprendre notre situation actuelle il faut avoir la volonté de reconsidérer l'évolution du monde actuel et réinventer un futur qui soit viable. Or, pour le moment, les responsables politiques et les économistes croient qu'il suffira aux pays de se désendetter, pour que tout reprenne le cours normal. N'a-t-on toujours pas tiré la leçon des dommages causés sur l'environnement des "pays riches" " qui ont développé de manière continue des techniques nuisibles à long terme ? Des responsables politiques, des scientifiques, des économistes qui forment l'élite d'une nation, ont tragiquement oublié les exigences morales pour préserver l'avenir des populations actuelles et celles qui suivront. Nos civilisations se sont habituées à se concentrer sur l'immédiat et sur des attitudes égoïstes, sans songer un seul instant aux conséquences de techniques mal gérées et leurs effets sur l'environnement et les populations. L'augmentation effrayante du nombre de malades, les frais gigantesques occasionnés par des nécessités médicales et thérapeutiques, mettent en danger le système de sécurité sociale qui est considéré comme un acquis social essentiel de notre pays. Ne serait-il pas nécessaire, en cette période de crise, de faire courageusement le point de notre situation actuelle? Si nous sommes prêts à une telle analyse, nous nous rendrons compte que, si nous voulons tracer un avenir vivable et responsable pour les générations à venir, nous devrons vraiment changer notre manière de vivre et de gérer nos ressources naturelles. Les accidents, les crises devraient nous inciter à reconsidérer nos modes de vie et y apporter les corrections indispensables. La pratique nous a démontré que, trop souvent les avertissements tragique sont trop vites oubliés. Les mauvaises habitudes reprennent le dessus et les prochaines catastrophes menacent de nouveau...Voulons-nous vraiment vivre dans cette menace constante?
Au lieu d'innover et de s'engager à fond et sérieusement dans la recherche des énergies du futur dont les possibilités du solaire, par exemple, offrent des applications considérables à développer, on s'en remet pour l'avenir de notre pays, aux lobbies nucléaires. Au lieu de mettre tous les moyens à disposition pour encourager les énergie alternatives propres, le gouvernement réduit les avantages fiscaux liés à l'écologie...Il est consternant de devoir constater que la majeure partie de nos scientifiques, nos chercheurs, restent impassibles devant cet état de faits. Au lieu d'avancer vers des techniques nouvelles propres, les véritables innovations, nos politiques se soumettent aux directives de lobbyistes qui empêchent par tous les moyens, l'émergence d'autres alternatives.
Le temps des présidentiels, puis celui des élections parlementaires, seraient des opportunités efficaces pour réagir. Il est navrant et dramatique que les responsables politiques n'aient eu le courage de parler de ces sujets. Les "verts" pour s'assurer une place au parlement ou dans un gouvernement socialiste, se sont rangés derrière François Hollande qui ne s'est engagé à rien en ce qui concerne l'écologie. Seule, courageusement, Eva Joly ose affirmer la réalité des évènements. Elle sait qu'elle est minoritaire, mais n'abdique pas. En fait elle est la seule à s'engager pour une révolution pacifique pour changer la politique de notre pays. Elle n'est pas une oratrice capable de soulever l'enthousiasme publique comme un Jean-Luc Mélanchon, mais elle s'affirme comme une individualité libre, dénuée d'ambitions politiques personnelles et pleinement lucide des problèmes de notre pays. Elle est la seule personnalité politique qui ose dire la vérité sur notre situation actuelle, quitte à être ridiculisée par ceux qui n'ont ni son courage ni sa dignité.
La réflexion écologique est indispensable, si nous voulons assurer notre avenir. Elle ouvre des possibilités de découvertes, d'emplois nouveaux, de techniques nouvelles. C'est dans cet axe que s'inscrivent les innovations de demain qui assureront de vrais progrès en préservant nos ressources naturelles, en générant des emplois nouveaux et une vie plus saine.
En tant qu'électeurs et électrices nous sommes aujourd'hui en face d'un terrible dilemme: une gauche qui n'a pas le courage d'affronter les véritables problèmes actuels, une droite qui n'en a pas la volonté car elle veut garder ses privilèges, un centre qui reste très flou et plus qu'évasif sur ses projets écologiques. Restent les extrêmes, avec leur variante d'un hypothétique "grand soir" avec des idées qui ne tiennent pas compte des véritables besoins de notre temps. Se cantonner à ces perspectives sera, en définitive, persévérer dans les mêmes illusions et finalement les mêmes échecs, car aucun des mouvements politiques n'est à la hauteur des exigences actuelles. Le monde bouge, il faut progresser, innover, changer la société, s'engager enfin dans l'avenir en faisant le nécessaire pour changer les vieilles habitudes politiques qui ne tiennent pas compte des réalités actuelles. Eva Joly, dans sa fragilité et ses faiblesses évidentes face aux joutes oratoires de candidats exercés dans l'exercice de l'illusion, en se démarquant de ses "amis verts" compromis par leur alliance intéressée avec une gauche guère motivée par l'écologie, devient l'icône d'une politique véritable axée sur l'avenir. Les intentions de vote à son égard sont fâcheusement basses : cela prouve que la majorité des Français n'a toujours compris les enjeux en question et la manière de changer la politique actuelle. Mais,si les électeurs qui ne veulent pas voter car trop déçus et agacés par les manoeuvres politiques, si les électeurs qui ont décidé de voter "blanc", donnaient une "piqûre de rappel" à nos chers politiques, en votant, au premier tour, "écologie" donc Eva Joly, cela n'enlèverait aucune voix aux candidats mais forcerait les deux finalistes du deuxième tour à prendre en considération ce suffrage écologique exprimé au premier tour. Nous avons la possibilité de "créer l'évènement en nous engageant dans notre propre révolution politique, en prouvant que nous sommes capables, par notre vote, d'influer sur le futur, en affirmant que nous ne sommes plus disposés à accepter une politique irresponsable qui ruine notre pays et qui n'est pas capable de tenir compte des exigences économiques et humaines du futur. Notre population vit dans une grande léthargie, une peur constante paralysante... Cela profite à ceux qui ont le pouvoir et qui veulent le garder. C'est par une mobilisation, une synergie des volontés, que nous pourrons, si nous le voulons, exercer notre influence politique sur notre futur. Le premier tour des élection pourrait devenir un coup de semonce pour notre monde politique qui devrait tenir compte du signal donné. Le temps des élections nous donne cette possibilité. Pourquoi ne pas en profiter pour donner du sens à notre vote? Nous avons un pouvoir politique: à nous de l'exercer avec intelligence et sagesse!
Le monde a beaucoup changé au cours des dernières décennies: les nations, les sociétés humaines ont connu de nombreux soubresauts, d'ordre politique, économique et culturel. Alors que par le passé, les pays occidentaux dominaient le monde, grâce à leur supériorité technologique, scientifique, militaire, de nouvelles puissances ont émergé et pèsent à leur tour sur le cours des évènements. L'histoire nous enseigne que l'occident, sous divers régimes politiques, a exploité outrageusement les ressources des autres pays, sans tenir compte de l'intérêt et des aspirations de leurs populations. Aujourd'hui, des bouleversements politiques dans le monde, suscitent de nouvelles inquiétudes et posent de nouvelles questions...
L'échiquier mondial a beaucoup changé et tout ce qui semblait acquis un certain temps, est remis en question. La rivalité affirmée pendant longtemps entre la Russie communiste et les U.S.A. apparaît quelque peu secondaire dans la vision actuelle des évènements politiques où émergent des géants tels la Chine et l'Inde, alors qu'en Orient la paix n'est pas encore vraiment acquise... Les conflits permanents dans les pays fournisseurs de pétrole dont l'occident ne saurait se passer, révèlent la fragilité des économies occidentales. Nous savons tous, quelles que soient les affirmations souvent contradictoires concernant les ressources pétrolifères disponibles, qu'il est dément et irresponsable de consommer de plus en plus un produit non renouvelable et qui a, pour se constituer, nécessité un temps qui dépasse notre véritable entendement. Mais nos sociétés sont prisonnières de contingences qu'elles ont créées elles-mêmes et dont elles n'ont pas encore trouvé de solutions adéquates... Alors les égoïsmes l'emportent, l'attention se consacrant uniquement sur les avantages immédiats, sans souci de l'avenir...On entend certes, parfois des voix s'élever pour souligner que nous avons aussi la responsabilité de penser à l'avenir de nos enfants et de tous ceux qui viendront après nous. Mais l'urgence l'emporte le plus souvent sur la réflexion, à tel point que les problèmes au lieu de disparaître, grandissent encore davantage.
Les multiples crises qui se présentent aujourd'hui, démontrent la fragilité de notre situation économique et par là aussi, celle de notre existence. Des menaces de toutes sortes nous guettent et mettent en péril notre avenir. L'histoire de l'humanité a connu de nombreux affrontements, des guerres, des dictatures, des totalitarismes et des dangers de toutes natures. Nous pouvons aujourd'hui, avec le recul, en déceler les trames et en analyser les causes. Or, en observant ce qui se passe actuellement dans le monde, on pourrait douter que l'humanité en ait tiré un quelconque enseignement.
La France, à juste titre, est fière de son idéal républicain affirmé par les droits de l'homme: liberté, égalité et fraternité. Chimère ou réalité? Nous savons tous qu'il est quelque peu déplacé de proclamer les "vertus républicaines" lors de discours patriotiques enflammés ou des articles de presse bien tournés, du moment qu'elles ne traduisent pas la réalité. Nos idéaux ne peuvent avoir un impact sur les autres nations, que s'ils sont appliqués concrètement chez nous... Pouvons-nous affirmer, en toute vérité, que cela est le cas dans notre pays? Ne dit-on pas, à juste titre, qu'avant de vouloir faire la leçon aux autres, il faut commencer par balayer devant sa propre porte?
Les idéaux républicains, pris à la lettre, transcendent le contenu véritable des partis politiques traditionnels, parce qu'ils reflètent une aspiration humaine qui dépasse le cadre de la citoyenneté nationale. Ces idéaux peuvent-ils aboutir sans une volonté de les transcrire, peu à peu, dans la réalité? Bonaparte avait, en son temps, suscité beaucoup d'espoir, en proclamant qu'il était un défenseur des droits de l'homme. Arrivé au pouvoir, "Napoléon" a, par la suite, trahi ces idéaux, en réintroduisant, par exemple le commerce des esclaves...Que de fois, en politique, n'a-t-on oublié les idéaux républicains, au noms d'intérêts partisans et égoïstes?
Les notions d'humanité et d'inhumanité, celles de justice et d'injustice, sont illustrées quotidiennement dans la vie des diverses sociétés humaines dans le monde. Elles ont pris des formes nouvelles dans nos sociétés actuelles. Nous sommes tous confrontés, aujourd'hui, à des menaces sociales de diverses natures. Elles se rattachent essentiellement à deux courants: d'une part divers intégrismes religieux qui exercent une grande influence au sein de la société, d'autre part des formes d'intégrismes scientifiques qui influent également la vie sociale. Les deux courants, sous divers aspects, s'attribuent un pouvoir énorme, au détriment de l'individualité humaine. Cette dernière n'est plus qu'une unité négligeable au regard des groupes d'intérêts. Les religions abusives imposent leurs propres règles aux individus, les scientifiques à l'esprit matérialiste considèrent la notion d'individualité comme une pure fiction, certes rassurante pour l'individu. Dans les deux cas, l'individu n'est pas perçu sous l'angle de sa véritable personnalité, unique, spécifique.
Nous savons tous que les sociétés humaines n'ont pas la même histoire et n'ont pas évolué au même rythme. Notre pays a son histoire semée d'épreuves, de dérives, d'injustices et parfois même d'horreurs. Cela devrait nous inciter à rester très circonspects et réservés, dans notre jugement envers l'histoire des autres pays. Mais les générations se suivent et n'ont souvent guère envie de s'attarder sur l'histoire de leur pays. Elles se considèrent souvent comme plus raisonnées, plus intelligentes, plus informées que celles du passé...Comment se fait-il alors que notre société se trouve dans une crise permanente et a tellement peur du lendemain? Croyons-nous vraiment que nos " divers spécialistes et scientifiques" sauront, sans notre participation, trouver la bonne solution à nos problèmes économiques et humains? L'histoire de tous les pays est avant tout celle d'êtres humains, dans leur quotidien, leur devenir, quelles que soient leur origine nationale, leur culture. L'avenir d'un pays est bien trop précieux pour le laisser aux mains de spécialistes attitrés. Il appartient à chacun de nous et il est imprudent de le déléguer à d'autres. Le passé nous démontre qu'une société humaine trop laxiste, ouvre la voie à l'injustice et à la déshumanisation. Une minorité s'adjuge alors le droit de tracer l'avenir d'un pays, au détriment de la liberté, de l'égalité et de la fraternité.
En occultant les réalités du passé, leurs conséquences sociales, humanitaires, on favorise de nouvelles injustices, de nouveaux conflits. Si les progrès sociaux, depuis la deuxième guerre mondiale, avaient évolué humainement, au même rythme que les progrès scientifiques, techniques, notre société serait bien différente aujourd'hui...Nous serions parvenus à progresser véritablement dans la voie d'une humanité fraternelle et solidaire. Il est étonnant de constater que les humains arrivent à être solidaires, conscients des besoins des autres, lors de grandes catastrophes, mais deviennent vite égocentriques, indifférents dans la vie quotidienne. Or, nous savons tous que l'indifférence dans une société humaine peut engendrer très vite l'inhumanité qui aboutit alors à des affrontements, des conflits, des guerres de toute nature. Le 21ème siècle a commencé et les sociétés ont subi des changements profonds. Chaque individu participe, à son niveau, à l'ensemble de l'humanité et est responsable de l'avenir de son pays et par extension, du monde entier. Si par égoïsme ou peur des autres, nous croyons pouvoir nous enfermer dans une sécurité relative, par un rejet des autres, nous provoquerons sans cesse de nouveaux conflits.
Les signes les plus apparents de déshumanisation deviennent concrets à travers des évènements touchant les finances publiques, les entreprises multinationales, les lobbies, les banques...Les conflits d'intérêt, malversations financières, profits exorbitants, salaires mirifiques de certains "grands dirigeants", les spéculations, l'enrichissement spectaculaire de certains traders, alors que beaucoup d'entreprises ferment, en laissant sur le carreau de plus en plus de chômeurs, sont les preuves manifestes d'une société en danger de déclin. Les paradis fiscaux pour ceux qui deviennent de plus en plus riches...et l'enfer pour les autres... Les puissances économiques ont, pour le moment, hélas, supplanté celles des états. Aujourd'hui, nous assistons quotidiennement à des mécanismes de déshumanisation où l'argent prime, où l'individu n'a de valeur que tant qu'il présente une utilité pour une politique axée sur le profit. Si nous nous efforçons de réfléchir un instant aux résultats d'une telle politique, nous pouvons aisément comprendre qu'un humain n'aura finalement plus beaucoup de choix: soit il sera complètement asservi ou tendra à la révolte. La dernière variante mènera alors à une guerre civile permanente sous diverses formes, dont on ne peut mesurer l'ampleur véritable.
En réfléchissant à tout cela, chacun pourra en tirer ses propres conclusions. Nous savons que les progrès techniques ont changé nos sociétés. Beaucoup de professions, de métiers, ont disparu, d'autres apparaissent sporadiquement, mais ne suffisent pas à combler la carence des pertes d'emplois constants. Les inégalités finissent toujours par engendrer des conflits avec leur lot de conséquences imprévisibles. Les sciences se sont sans cesse développées, suscitant objectivement des progrès. Mais tous les progrès se relativisent voire deviennent inopérants ou même destructeurs, si les besoins humains ne sont pas pris en compte. Toute carence en humanité devient finalement destructrice d'humanité. Or, l'humanité est une, malgré une apparente diversité. Elle est fragilisée, dès qu'elle est divisée, car elle génère des égoïsmes et des affrontements constants. Cela est vrai dans un pays où les diverses "classes sociales" se combattent, cela l'est encore davantage dans un cadre supranational et mondial...Il n'y aura jamais la paix dans le monde tant que les exigences humaines seront ignorées voire bafouées. Comment pourrait-on croire que nous vivrons en paix, en oubliant les détresses du reste du monde?
Aujourd'hui, pour faire face aux problèmes de notre temps, nous devrons changer complètement d'habitudes et de comportements. La lutte des partis, renouvelée de manière spectaculaire lors de chaque campagne électorale, est vraiment dérisoire, à l'échelle des besoins véritables de notre société. Chaque candidat joue son rôle, à seule fin d'arriver à convaincre un maximum de votants, pour devenir " le président"... Tous les moyens sont bons, même les jeux de rôle et les mensonges...Or, n'est-il pas curieux qu'aujourd'hui, où nous disposons de moyens d'information innombrables, nous nous laissions souvent, par paresse intellectuelle, aller à la facilité en choisissant un parti, un candidat censé régler tous nos problèmes sociaux présents et futurs? N'avons-nous pas appris, malgré les multiples échecs du passé, que nous devons dépasser les affrontements nationaux des partis traditionnels, pour collaborer raisonnablement pour le bien de tous et fédérer les bonnes volontés pour répondre aux besoins réels de notre temps? C'est ensemble, dans une politique où la primauté sera accordée à la valeur humaine, à ses besoins véritables tant matériels que psychologiques, que notre pays pourra retrouver un souffle, un espoir, un idéal. Il faut que la politique retrouve sa véritable raison d'être, sa mission humanitaire, qui est d'associer tous les citoyens pour construire un pays qui tendra vers un futur où les idéaux républicains prendront vraiment un sens réel. Construire un pays où il fera bon vivre parce qu'il reflètera un souci véritable de justice et de partage. Seul un effort commun, pour collaborer à l'édification d' une nation plus soucieuse de véritable humanité, nous permettra de progresser et d'empêcher une minorité d'imposer des pratiques et des règles qui asservissent et détruisent l'être humain, au lieu de le servir. Il est indispensable qu'un nombre croissant de citoyens prenne conscience des enjeux politiques, pour influencer utilement le cours des choses. Nous n'aurons d'avenir que dans la mesure où nous nous efforcerons à collaborer, chacun selon ses moyens, pour construire une politique sociale, culturelle digne des véritables exigences humaines. Pensons à ces exigences, en utilisant notre droit de vote pour influer utilement sur l'avenir de notre pays, celui de l'Europe et par extension, celui du monde...Nous n'avons qu'un monde, qu'une seule terre, qu'une seule humanité: ou bien nous arriverons à en prendre pleinement conscience, ou bien notre avenir se rétrécira de plus en plus, à la mesure de notre étroitesse d'esprit et de notre égoïsme. Mais dès lors, nous ne pourrons plus parler de fatalité ou de concours de circonstances malheureux, ce sera la conséquence de notre manque d'humanité, de notre myopie volontaire dans la perception des exigences véritables de notre temps. Nous sommes chacun, à notre niveau, responsables du monde de demain!
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