Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 16:21

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La France, comme beaucoup de pays européens, vit actuellement une situation extrêmement grave: un chômage grandissant prive de plus en plus de citoyens, des ressources leur permettant de vivre décemment, de mener une existence normale et sereine. Certes, notre pays est resté exemplaire dans ses efforts de soutien aux personnes en difficulté. Mais ses ressources restent limitées d'autant plus que notre pays est très gravement endetté. Les caisses de l'état étant vides, comment la gouvernance de notre pays saurait-elle assurer l'avenir économique du pays, tout en préservant une politique sociale?

      Nous avons tous en mémoire les évènements après la première guerre mondiale où le chômage a abouti à des affrontements sociaux et politiques extrêmes menant à des dérives de déshumanisation. Sans la crise de 1929, un chômage catastrophique et une grande misère sociale, Hitler n'aurait pu mener une majorité de citoyens  en Allemagne à accepter une dictature qui devait aboutir finalement à la guerre, aux souffrances, aux morts innombrables. Nous sommes aujourd'hui confrontés à des menaces qui ont fait resurgir le spectre d' évènements désastreux d'un passé, inscrits dans l'histoire, dont les générations actuelles n'ont souvent qu'une connaissance assez limitée. Une société qui est incapable, à long terme d'assurer une politique sociale humaine, équitable, équilibrée, risque se sombrer très rapidement dans l'anarchie, l'injustice sociale, la guerre sociale avec son lot de funestes conséquences.

      Une société, pour rester harmonieuse et pacifique, doit impérativement s'efforcer de rester humaine, solidaire et soucieuse de culture véritable. Ces efforts doivent se porter sur toute la population et tout particulièrement sur la jeunesse garante d'un avenir de qualité humaine. Le chômage est un grand fléau social qui engendre la peur et risque de dégénérer en violence Dans la crise actuelle, il est impératif de savoir prendre du recul pour observer les évènements objectivement, s'efforcer d'y réfléchir sans préjugés, pour en tirer des enseignements pour le futur. Une crise est toujours une épreuve: elle nous oblige à marquer un temps d'arrêt pour en tirer un enseignement et essayer de trouver la bonne solution. Le piège est assez insidieux: cet arrêt va-t-il amener une paralysie complète, une révolte ou une conversion, un changement? Si nous observons nos vies individuelles avec un peu de recul, pour essayer de comprendre le sens de notre parcours, nous pourrons constater que nos crises de vie sont des épreuves personnelles qui nous obligent à réfléchir pour corriger notre trajectoire, pour mieux repartir. La vie nous demande à chaque fois de marquer cet arrêt qui exige une décision personnelle pour nous déterminer pour le futur. Une décision trop rapide, irréfléchie mène souvent  à l'échec. Cela nous apprend, pour le futur, à prendre le temps de réfléchir, pour ne pas retomber dans la même erreur. Cette réflexion logique ne serait-elle pas tout aussi valable pour aborder les questions politiques et sociales? Notre propre vision de la politique de notre pays n'était-elle pas souvent superficielle, émotionnelle au lieu d'être réfléchie, rationnelle? Nous savons tous, que trop souvent, les discours politiques que nous entendons ou lisons, n'engagent que ceux qui y croient...La persistance de l'existence de deux grands partis politiques de même importance, malgré leurs composantes hétéroclites, font, qu'à chaque élection, la majorité remporte la victoire avec un écart de voix assez faible.

      Nos politiques sont dans une impasse, car elles continuent à fonctionner selon des critères qui malheureusement prouvent leur inefficacité. Il faudra peut-être se donner le temps de réfléchir en profondeur sur la situation, pour faire le point et trouver des voies nouvelles. On mesure que le travail a une grande importance sociale dans la vie d'un état. Il garantit les ressources matérielles de chaque femme, chaque homme, pour leur  permettre de vivre décemment.

     Nous sommes tous conscients de l'importance du travail. Mais dans le contexte de notre société actuelle, le travail apparaît souvent sous un aspect contradictoire et assez ambiguë: il est d'une part une contrainte, mais aussi une possibilité d'utiliser ses talents pour créer, réaliser.. Il faut normalement travailler pour gagner l'argent nécessaire pour subvenir à nos besoins matériels. Le travail est aussi la possibilité d'avoir sa place dans la société, d'exister,d' être accepté des autres. Le travail est donc considéré bien différemment selon l'angle sous lequel il est regardé. Il a, dès l'aube de l'humanité, un aspect mythique: dans la bible, Adam qui est chassé du paradis avec sa compagne, entend la sentence prémonitoire "tu travailleras à la sueur de ton front"...Ce jugement peut être interprété sous deux aspects: l'aspect direct, sentencier où le travail est perçu comme une peine, une punition mais il peut aussi revêtir un aspect moins dramatique, si on voit l'image "d'être chassé du paradis" comme l' illustration d'un simple changement de décor où vont s'appliquer des critères différents. En clair, cela peut signifier que l'être humain dont l'espace naturel d'évolution est la terre et non le "paradis", est, de ce fait, contraint de s'adapter aux conditions terrestres:  l'être humain est placé dans des conditions d'évolution personnelle où il doit travailler pour assurer sa subsistance. Vu sous cet angle, l'individu doit s'adapter à son milieu naturel terrestre,  se débrouiller pour survivre, s'adapter, évoluer: il doit fournir un effort personnel pour exister,  et par là, apprendre à maîtriser son existence. Il est dès lors évident, qu'une société humaine doit s'organiser et adapter des règles sociales qui protègent les individus. Le travail de l'être humain est sa contribution personnelle à l'ensemble de la société humaine. Le travail devient dès lors non seulement une nécessité, mais aussi la marque identitaire de chaque individu dans la société. Le travail présente sous cette optique un double aspect: l'un sociétal car chaque l'individu apporte son effort de travail personnel au profit de l'ensemble de la société et d'autre part un aspect individuel, quand l'individu "travaille pour lui-même". Ce travail individuel concerne toutes les activités physiques, artisanales, culturelles, artistiques etc...

          Une description primaire, très simplifiée du travail, classe donc cette activité en deux catégories distinctes mais complémentaires:  celle dictée par les nécessités de la vie (il faut travailler pour vivre) mais aussi celle qui ouvre des possibilités de créativité nouvelle, d'enrichissement culturel, d'exercice des talents individuels, d'épanouissement dans des activités qui nous tiennent à coeur.

           Au cour de l'histoire humaine, la perception du travail a beaucoup évolué. L'avènement des sciences modernes et du machinisme a profondément changé les sociétés humaines et les mentalités. Les progrès des sciences ont permis l'émergence de techniques nouvelles, de machines qui ont, pour une large part simplifié, allégé voire supprimé l'effort humain. Dans les sociétés évoluées, le travail  pénible a pu être, en partie, éliminé. Etudié sous cet aspect, l'avènement des techniques modernes peut vraiment être considéré comme une bienfait, une bénédiction. Les progrès générés par le développement des sciences ont profondément changé nos sociétés.

        Cependant, nous savons que les sciences sont, par nature, amorales et peuvent donc être utilisées pour ou contre l'être humain: c'est la responsabilité humaine qui doit assumer le bon choix. Cela signifie en clair, que si la société humaine délègue ce pouvoir de décision aux seuls "spécialistes politiques, scientifiques", elle peut se mettre  en danger permanent. C'est précisément ce qui est advenu dans le passé: les véritables besoins humains ont été, pour une large part ignorés et  les sciences, les techniques, au lieu d'être les serviteurs de toute l'humanité, sont peu à peu devenus un outil de domination et d'exploitation humaine. Au lieu de mettre la machine de production au service de l'humain, une économie de plus en plus axée sur le profit, a fini par exploiter la plus grande partie des travailleurs. L'individu est devenu tributaire de la machine. 

        Le passé nous illustre tout l'éventail des erreurs commises et consommées, avec leurs conséquences désastreuses. Le progrès, a priori, est une bonne chose. Encore faut-il qu'il soit introduit dans la société humaine sans devenir une menace constante pour elle. L'Europe qui était encore au 19ème siècle, un modèle de culture, de progrès, est devenue, après la sinistre première guerre mondiale et encore bien plus après la seconde, une Europe de plus en plus influencée par la culture et l'économie américaine.  Le commerce devenait alors la priorité absolue car il était la ressource de richesse, de puissance. La production en constante augmentation créait des emplois, mais la grande part des richesses allaient aux détenteurs de capitaux,  aux actionnaires. La crise de 1929 illustra tragiquement les conséquences d'une économie capitaliste qui s'effondre. Les drames humains furent innombrables. Mais la vie continua et l'économie, le commerce reprirent leur cours, sans tirer un véritable enseignement des évènements tragiques passés. Dans l'optique actuelle de la vie économique axée essentiellement sur un profit qui doit être en hausse constante, l'individu n'existe dans la société que selon sa valeur en tant que producteur et consommateur. Cette vision et cette dynamique économique gardent leur caractère pernicieux: proposer sans cesse de nouveaux produits consommables, si possible vite périssables, pour soutenir et encourager constamment la consommation, pour ceux qui disposent de revenus suffisants. Or l'économie capitaliste et libérale actuelle, génère toujours plus "d'exclus"... Le chômage croissant est devenu un fléau de notre temps. Le travail est nécessaire, non seulement pour permettre à l'individu de vivre, de lui assurer une certaine indépendance, mais aussi pour avoir sa place dans la société, le pays où il vit. Si le chômage ne diminue pas rapidement, un nombre grandissant de citoyens seront privés de leurs ressources de vie, seront à la charge de ceux qui travaillent, ce qui finira par des affrontements sociaux de plus en plus violents.

         Si on veut éviter de sombrer dans la violence et l'inhumanité, il est nécessaire qu'un nombre croissant de citoyens prenne vraiment conscience des dérives de notre système économique, politique, pour obliger les responsables à tous niveaux, de remettre l'individu au centre des débats politiques, parlementaires. La réalité quotidienne, les pratiques économiques actuelles démontrent  que notre société se déshumanise de plus en plus... Les responsables politiques et économiques doivent prendre conscience des véritables exigences de l'avenir. L'éternelle ritournelle politique "relancer la consommation pour créer des emplois" ne résout que superficiellement le  problème du chômage croissant. Les gros moyens financiers nécessaires à la création d'emplois nouveaux, sont aujourd'hui souvent utilisés à des fins de pures spéculations, de rachats d'entreprises fragiles et de diverses pratiques qui n'ont nullement comme souci premier de servir celui qui veut et doit pouvoir travailler pour assurer son existence. L'argent utilisé pour des spéculations boursières est détourné de son rôle économique véritable, au service de pratiques qui vont à l'encontre d'une morale sociale, humaine. Les spéculations ne servent pas la société humaine, mais uniquement une minorité égoïste incapable de comprendre les besoins réels de la société humaine qui respecte et protège chaque individu.  

       Il est intéressant, pour arriver à cerner les problèmes sociaux, notamment ceux liés au travail et au chômage évoqué, de consulter les conférences sur la "Tripartition sociale" que le grand penseur et visionnaire Rudolf Steiner (1861-1925) a tenu dans les années vingt du siècle dernier. Les questions évoquées plus haut, étaient alors déjà, pour une large part, abordées et exposées, en montrant les voies susceptibles d' amener des solutions adaptées aux besoins de notre temps. Si l'on étudie ces textes, on peut arriver à mieux comprendre ce qui met notre vie sociale en grand danger. Dans ces conférences, Rudolf Steiner expose sa vision de l'organisation de la société idéale dont le corpus social s'appuierait sur trois piliers autonomes, souverains, axés chacun sur des spécificités propres qui ne devraient pas s'influencer directement, sans causer des disfonctionnements sévères qui nuiraient à l'ensemble.

 Le premier  pilier, celui de l'économie, du commerce, de la distribution serait destiné à produire ce dont chaque humain a besoin pour vivre. L'être humain contribue par son travail, à faire fonctionner l'ensemble. Dans ce contexte, le travail humain  doit alors  être traité et payé comme une contribution individuelle qui assure la cohésion et la paix sociale. La fameuse "valeur travail" évoqué par Karl Marx, prend un dimension spécifique qui dépasse infiniment celle proposée par ce dernier. Le travail n'est pas à traiter comme une marchandise mais comme une expression humaine qui a des devoirs mais aussi des droits. C'est par son travail "pour les autres", qu'il a aussi le droit d'être "protégé, respecté,soutenu" par les autres. Le travail prend alors des expressions qui échappent à celles qui se résumeraient aux seuls critères économiques, il est un moyen exceptionnel d'intégrer l'individu, sa dignité, ses besoins personnels, à l'ensemble de la société.

 Le deuxième pilier serait celui de l'activité étatique qui aurait pour tâche essentielle d'assurer l'égalité des droits et devoirs pour chaque individu dans la société, dans toutes les activités sociales. L'état serait le garant de la préservation des droits attachés à chaque individu de la société républicaine. Il devrait garantir les droits de chaque citoyen, surtout dans le contexte économique, pour que chaque travailleur, employé ne soit pas injustement exploité. Rudolf Steiner souligne que les activités de ces deux piliers doivent impérativement rester autonomes, souveraines, pour éviter des marchandages politiques, économiques, partisanes qui sont nuisibles à l'ensemble de "l'organisme social".

 Le troisième et dernier pilier est celui attribué aux "domaines de l'esprit", en fait attaché à tous les droits de l'individualité: chaque être humain est unique et possède des droits spécifiques et inaliénables qui sont autres que ceux proposés dans le corpus de la pure économie commerciale. C'est le domaine de l'éducation chargée de favoriser l'éclosion et l'évolution des talents individuels. Cela concerne les activités créatrices artistiques, culturelles, scientifiques. Cela concerne aussi le choix individuel du mode de vie de chacun, sa philosophie, sa religion, son évolution intellectuelle, spirituelle. Ce pilier doit toujours garder son entière indépendance, sa liberté, pour ne pas perdre sa vocation véritable: servir l'être humain dans son parcours, sa biographie. Pour bien saisir l'analyse de l'organisation sociale proposée par Rudolf Steiner, il faudrait évidemment se prendre le temps pour étudier ces conférences pour vraiment saisir leur importance et la justesse des propositions...Rudolf Steiner savait que cette "tripartition sociale" que l'on pourrait peut-être mieux traduire par "tri articulation sociale", ne pourrait jamais se faire du jour au lendemain. Il faudra qu'un nombre grandissant de gens s'intéresse à ces questions, fasse l'effort d'étudier les conférences de Rudolf Steiner pour qu'elles puissent devenir un moteur pour l'avenir. Il faut d'abord bien comprendre les enjeux en question, pour être prêt à s'engager, comme citoyen responsable, dans les efforts nécessaires pour faire avancer la société et la faire sortir de l'ornière où elle s'est de plus en plus engagée. Il faut pouvoir comprendre, pour être prêt à s'engager personnellement, librement et avec efficacité, selon ses capacités, ses possibilités... La société ne pourra changer que si nous sommes prêts, individuellement, par notre engagement, à contribuer à changer nos habitudes, notre vision des évènements sociaux et politiques.

         Dans la conjoncture actuelle, le travail a pris une connotation menaçante, car c'est lui qui conditionne toute notre vie sociale. Si nous avons un emploi, un travail, un salaire convenable, la vie nous est ouverte et l'espoir est une dynamique de vie, qui peut nous pousser en avant, nous valoriser et nous aider à comprendre et accepter les autres. Celui qui n'a pas de travail devient un exclu et finalement une charge pour les autres. Le chômage croissant  devrait nous inciter à reconsidérer le fonctionnement de notre société, pour en analyser les causes profondes, pour arriver à changer nos priorités actuelles qui sont souvent de fausses pistes, de mauvaises pratiques qui vont l'encontre des besoins humains et du respect de chaque individualité. Beaucoup considèrent que la mondialisation est une menace, une calamité, un danger permanent. Cela est vrai si l'on observe, à court terme, le spectre des "pays émergents" tels la Chine, l'Inde...Mais on pourrait aussi arguer que cela pourrait être une chance gâchée, parce que l'Europe n'a, à ce jour, pas donné l'exemple d'un continent soucieux de véritable justice sociale et d'humanité...Au lieu d'être un modèle social exemplaire, nous n'avons pu que proposer des pratiques douteuses que les pays émergents ne font qu'imiter et amplifier. Vouloir mettre au centre des intérêts uniquement le "marché", on manque la cible véritable qui devrait être les besoins humains essentiels pour que chaque individu puisse vivre et se développer harmonieusement. Les prix ne devraient pas favoriser les spéculations de toutes natures, mais être fixés pour permettre à tous de vivre. Il est indigne et profondément injuste que les pays industrialisés, riches, oublient facilement que tous les humains ont le droit de vivre décemment. Chacun de nous est responsable de l'humanité. Si nous oublions que la terre est notre champ d'expérience et de développement personnel, que l'humanité entière est une et que, si nous transigeons sur les nécessités de la fraternité humaine dans ses exigences premières, notre pays et par extension le monde sera finalement inhumain et deviendra un enfer.

      Aujourd'hui l'organisation de notre société est en grande partie dénaturée, car l'état politique n'assume pas sa vocation véritable. Il y a un mélange souvent impénétrable entre les domaines culturels, économiques, étatiques, au profit d'une minorité sociale qui sait manipuler le tout et tirer son épingle du jeu. La tripartition exposée par Rudolf Steiner met ces structures en évidence en présentant leur fonctions véritables et les disfonctionnements qui résultent du mélange des trois domaines qui sont manipulés au lieu de rester souverains et distincts Dans l'organisme social exposé lors des conférences évoqués, le travail humain tient un rôle déterminant, car lui seul, peut donner sa place, sa dignité, dans la communauté humaine. Dès l'avènement du machinisme, le rôle du travailleur a perdu son impact dans l'essor d'une industrie sans cesse plus diversifiée, plus compliquée. Le grand défi est aujourd'hui de trouver le juste équilibre entre la seule technicité et la place de chaque individu dans une société en constant changement. Les menaces qui apparaissent aujourd'hui résultent d'un monde social, économique en mutation. Vouloir chercher constamment de nouveaux marchés, augmenter sans cesse la production avec ses conséquences néfastes pour l'environnement, ne pourra, à long terme, être la solution efficace. Il est peut-être grand temps de se poser les vraies questions et être prêts à éradiquer progressivement tous ce qui nuit à l'individu, à la société et à la terre où nous vivons. Dans un contexte de justice, d'humanité, de partage, le travail reprendra alors sa vocation véritable: la contribution de chaque humain, à la vie de l'ensemble de la société, l'affirmation de sa contribution personnelle et sa valeur humaine, un moyen de prouver sa solidarité et son appartenance à l'humanité. Le travail doit être intégré dans la société humaine, par respect pour chaque individu et comme preuve de solidarité avec ce dernier, un devoir humain essentiel.        

Par Myriam - Publié dans : Echange d'idées
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Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 13:33

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Dans quelques semaines, la France élira son nouveau Président. La campagne électorale aura été longue, oui peut-être même, pour certains, trop longue. Au fil des semaines, les candidats à la présidence se seront épuisés à rester dans la course, dans une France devenue très inquiète quant à son avenir... L'endettement grave de notre pays, dans une Europe en crise, où tous les pays européens sont confrontés à des problèmes très graves, plonge les populations dans une profonde inquiétude et une peur constante de l'avenir. Les solidarités sont mises à rude épreuve, dans un monde tourmenté, chaque nation cherchant à tirer politiquement son épingle du jeu. L'avenir est devenu incertain et chargé de multiples menaces. Une épreuve déterminante pour toutes les nations, pour toutes les populations, car les enjeux ont depuis longtemps dépassé les frontières.. De par le passé, les affrontements entre nations aboutissaient à des  guerres où le vainqueur imposait sa loi au plus faible. Aujourd'hui les batailles se jouent sur le plan économique... Une guerre sournoise et insidieuse, où les enjeux financiers, l'appât du profit jouent un rôle prédominant... Les affrontements politiques dans notre pays, à l'occasion des élections présidentielles, illustrent parfaitement les inquiétudes que suscitent les problèmes multiples auxquels nous sommes aujourd'hui tous confrontés. De multiples menaces pèsent sur notre avenir, qui mettent en grand péril nos acquis sociaux et l'avenir d'une Europe qui devrait enfin se construire, pour affronter la concurrence des nouveaux géants économiques. Au lieu d'analyser objectivement les problèmes et menaces auxquelles il faut faire face, on se laisse vite emporter dans des guerres partisanes dont le but premier est d'essayer d'éliminer le parti adverse. Dans une telle dynamique, on aggrave encore les situations: au lieu de résoudre les problèmes, on les multiplie encore davantage, en ajoutant aux problèmes objectifs, ceux dictés par une subjectivité passionnelle. Or le passé politique de notre pays nous démontre  qu'une politique uniquement bâtie sur un affrontement constant, réduit considérablement l'impact et la durée de son influence réelle.

      Aujourd'hui les enjeux sont encore plus considérables, car les problèmes sont multiples, menaçant notre avenir à tous. Il y a encore peu de temps, un nombre croissant de Français prenait conscience des problèmes provoqués par une exploitation démentielle de nos ressources naturelles et de leur utilisation souvent contestable, les pollutions et dégâts provoqués sur notre environnement. Nos civilisations modernes , depuis bien des années déjà, sont entrées dans la démesure en consommation et en pollutions diverses. On s'empare de ressources naturelles issues d'une très longue évolution terrestre...Tout cela pour non seulement  consommer à outrance, mais aussi provoquer des pollutions et des nuisances qui menacent les populations. Nulle civilisation de par le passé, n'a porté de telles atteintes  à la nature, à notre environnement, à notre cadre de vie. Est-ce cela l'aboutissement d'une civilisation qui se considère comme savante et dotée d'une grande intelligence ?... Les sciences qui ont ouvert notre esprit à de nombreux aspects du monde qui nous entoure, à force de vouloir rester "objectives", ont donné une vision de l'être humain qui n'inclue que l'aspect matériel de l'individualité. Les grandes dérives de l'histoire humaine contemporaines ont causé d'innombrables catastrophes, induites par les applications d'une science au service de la seule utilité matérielle et des égoïsmes humains. qui, au lieu de servir l'humain, finissent à terme par l'asservir et finalement le détruire. Aujourd'hui, dans divers domaines, la science a été exploitée et utilisée sans conscience morale, pour servir des intérêts particuliers, financiers, politiques. On oublie que la valeur d'une civilisation se mesure à sa capacité de réflexion et d'intelligence. Or ce que l'on observe, c'est que l'intelligence est essentiellement utilisée dans notre monde actuel à des fins d'utilité matérielle immédiate, sans réflexion sur les conséquences sur notre cadre de vie, le monde où nous vivons et que nous devrons laisser à nos enfants. Nous utilisons les ressources naturelles comme si elles étaient inépuisables alors que nous savons que cela n'est nullement le cas.

        Suite aux avertissements des écologistes, notre gouvernement s'était, il n'y a pas si longtemps, engagé à tenir compte des revendications "vertes" en signant devant les caméras de télévision, un engagement d'entamer à l'avenir une politique plus responsable de l'environnement pour tenir compte des priorités d'ordre écologique. Nicolas Hulot, bien connu du grand public par ses émissions télévisées, tenait la vedette, en proclamant l'urgence d'arrêt des pratiques irresponsables qui mutilent l'environnement et appauvrissent toujours plus la terre et les ressources naturelles. Les ténors des grands partis politiques avaient participé à la grande célébration des signatures, en affichant leurs convictions écologistes. Nicolas Sarkozy s'était montré politiquement solidaire des écologistes en apposant sa signature au bas de l'engagement symbolique. Jean-Louis Borloo , Nathalie Kosciusko-Morizet participaient avec conviction à cette grande messe médiatique qui semblait annoncer de nombreuses réformes, nécessaire car elles devaient se concrétiser par des innovations écologiques qui créeraient aussi un nombre importants d'emplois nouveaux. Les industries du solaire entre d'autres, devaient générer de nombreux emplois et diminuer considérablement la facture énergétique de la France, le pétrole devenant de plus en plus cher. Le gouvernement avait promis d'encourager les Français à s'équiper en panneaux solaires, en accordant des subventions. La proposition semblait très encourageante, d'autant plus que le photovoltaïque était encouragé par EDF qui proposait l'achat de l'énergie générée, ce qui encourageait nombre d'agriculteurs de s'endetter pour installer des panneaux solaires. Depuis la crise économique s'est installée et le gouvernement a rapidement oublié ses promesses...La production de panneaux solaires en France a stagné, suite à un manque de structures efficaces, de savoir suffisant, de soutien de l'Etat. Dans l'intervalle , l'Allemagne, dans sa volonté affirmée de sortir progressivement du nucléaire, a considérablement développé ses techniques solaires et est devenue en Europe un exemple à suivre. La Chine se profile de plus en plus comme le pays qui se spécialise dans la production de panneaux solaires et cela à des prix défiant pour le moment toute concurrence.

        Alors que notre président semblait acquis à l'idée de la nécessité du développement d'énergies nouvelles, pour être moins dépendant, à terme, du nucléaire, les énergies "écologiques" sont actuellement "oubliés". Les lobbyistes nucléaires l'emportent sur les décisions politiques du futur. Tchernobyl et Fukushima, les multiples "incidents nucléaires" sont passés à la trappe...N'est-il pas désolant que seule Eva Joly, courageusement, ose rappeler les enjeux et les menaces sur notre futur? Mais les sondages nous rappellent que la majorité des Français ont la mémoire courte et ne voient que les problèmes immédiats: le chômage et la perte du pouvoir d'achat. Paralysés par ces soucis, ils ne sont plus capables de réfléchir sereinement à l'avenir. On peut comprendre qu'une majorité de Français s'inquiètent pour le maintien de leur emploi, que d'autres encore désespèrent de ne pas trouver ou retrouver un emploi qui leur permette de vivre dignement. Pour comprendre notre situation actuelle il faut avoir la volonté de reconsidérer l'évolution du monde actuel et réinventer un futur qui soit viable. Or, pour le moment, les responsables politiques et les économistes croient qu'il suffira aux pays de se désendetter, pour que tout reprenne le cours normal. N'a-t-on toujours pas tiré la leçon des dommages causés sur l'environnement des "pays riches" " qui ont développé de manière continue des techniques nuisibles à long terme ? Des responsables politiques, des scientifiques, des économistes qui forment l'élite d'une nation, ont tragiquement oublié les exigences morales pour préserver l'avenir des populations actuelles et celles qui suivront. Nos civilisations se sont habituées à se concentrer sur l'immédiat et sur des attitudes égoïstes, sans songer un seul instant aux conséquences de techniques mal gérées et leurs effets sur l'environnement et les populations. L'augmentation effrayante du nombre de malades, les frais gigantesques occasionnés par des nécessités médicales et thérapeutiques, mettent en danger le système de sécurité sociale qui est considéré comme un acquis social essentiel de notre pays. Ne serait-il pas nécessaire, en cette période de crise, de faire courageusement le point de notre situation actuelle?  Si nous sommes prêts à une telle analyse, nous nous rendrons compte que, si nous voulons tracer un avenir vivable et responsable pour les générations à venir, nous devrons vraiment changer notre manière de vivre et de gérer nos ressources naturelles. Les accidents, les crises devraient nous inciter à reconsidérer nos modes de vie et y apporter les corrections indispensables. La pratique nous a démontré que, trop souvent les avertissements tragique sont trop vites oubliés. Les mauvaises habitudes reprennent le dessus et les prochaines catastrophes menacent de nouveau...Voulons-nous vraiment vivre dans cette menace constante?

      Au lieu d'innover et de s'engager à fond et sérieusement dans la recherche des énergies du futur dont les possibilités du solaire, par exemple, offrent des applications considérables à développer, on s'en remet pour l'avenir de notre pays, aux lobbies nucléaires. Au lieu de mettre tous les moyens à disposition pour encourager les énergie alternatives propres, le gouvernement réduit les avantages fiscaux liés à l'écologie...Il est consternant de devoir constater que la majeure partie de nos scientifiques, nos chercheurs, restent impassibles devant cet état de faits. Au lieu d'avancer vers des techniques nouvelles propres, les véritables innovations, nos politiques se soumettent aux directives de lobbyistes qui empêchent par tous les moyens, l'émergence d'autres alternatives.

    Le temps des présidentiels, puis celui des élections parlementaires, seraient des opportunités efficaces pour réagir. Il est navrant et dramatique que les responsables politiques n'aient eu le courage de parler de ces sujets. Les "verts" pour s'assurer une place au parlement ou dans un gouvernement socialiste, se sont rangés derrière François Hollande qui ne s'est engagé à rien en ce qui concerne l'écologie. Seule, courageusement, Eva Joly ose affirmer la réalité des évènements. Elle sait qu'elle est minoritaire, mais n'abdique pas.  En fait elle est la seule à s'engager pour une révolution pacifique pour changer la politique de notre pays. Elle n'est pas une oratrice capable de soulever l'enthousiasme publique comme un Jean-Luc Mélanchon, mais elle s'affirme comme une individualité libre, dénuée d'ambitions politiques personnelles et pleinement lucide des problèmes de notre pays. Elle est la seule personnalité politique qui ose dire la vérité sur notre situation actuelle, quitte à être ridiculisée par ceux qui n'ont ni son courage ni sa dignité.

      La réflexion écologique est indispensable, si nous voulons assurer notre avenir. Elle ouvre des possibilités de découvertes, d'emplois nouveaux, de techniques nouvelles. C'est dans cet axe que s'inscrivent les innovations de demain qui assureront de vrais progrès en préservant nos ressources naturelles, en générant des emplois nouveaux et une vie plus saine.

      En tant qu'électeurs et électrices nous sommes aujourd'hui en face d'un terrible dilemme: une gauche qui n'a pas le courage d'affronter les véritables problèmes actuels, une droite qui n'en a pas la volonté car elle veut garder ses privilèges, un centre qui reste très flou et plus qu'évasif sur ses projets écologiques. Restent les extrêmes, avec leur variante d'un hypothétique "grand soir" avec des idées qui ne tiennent pas compte des véritables besoins de notre temps. Se cantonner à ces perspectives sera, en définitive, persévérer dans les mêmes illusions et finalement les mêmes échecs, car aucun des mouvements politiques n'est à la hauteur des exigences actuelles. Le monde bouge, il faut progresser, innover, changer la société, s'engager enfin dans l'avenir en faisant le nécessaire pour changer les vieilles habitudes politiques qui ne tiennent pas compte des réalités actuelles. Eva Joly, dans sa fragilité et ses faiblesses évidentes face aux joutes oratoires de candidats exercés dans l'exercice de l'illusion, en se démarquant de ses "amis verts" compromis par leur alliance intéressée avec une gauche guère motivée par l'écologie, devient l'icône d'une politique véritable axée sur l'avenir. Les intentions de vote à son égard sont fâcheusement basses : cela prouve que la majorité des Français n'a toujours compris les enjeux en question et la manière de changer la politique actuelle. Mais,si les électeurs qui ne veulent pas voter car trop déçus et agacés par les manoeuvres politiques, si les électeurs qui ont décidé de voter "blanc", donnaient une "piqûre de rappel" à nos chers politiques, en votant, au premier tour, "écologie" donc Eva Joly, cela n'enlèverait aucune voix aux candidats mais forcerait les deux finalistes du deuxième tour à prendre en considération ce suffrage écologique exprimé au premier tour. Nous avons la possibilité de "créer l'évènement en nous engageant dans notre propre révolution politique, en prouvant que nous sommes capables, par notre vote, d'influer sur le futur, en affirmant que nous ne sommes plus disposés à accepter une politique irresponsable qui ruine notre pays et qui n'est pas capable de tenir compte des exigences économiques et humaines du futur. Notre population vit dans une grande léthargie, une peur constante paralysante... Cela profite à ceux qui ont le pouvoir et qui veulent le garder. C'est par une mobilisation, une synergie des volontés, que nous pourrons, si nous le voulons, exercer notre influence politique sur notre futur. Le premier tour des élection pourrait devenir un coup de semonce pour notre monde politique qui devrait tenir compte du signal donné. Le temps des élections nous donne cette possibilité. Pourquoi ne pas en profiter pour donner du sens à notre vote? Nous avons un pouvoir politique: à nous de l'exercer avec intelligence et sagesse!                   

          

 

 

 

Par Myriam - Publié dans : Echange d'idées
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Samedi 3 mars 2012 6 03 /03 /Mars /2012 17:07

        

                         

 

Le monde a beaucoup changé au cours des dernières décennies: les nations, les sociétés humaines ont connu de nombreux soubresauts, d'ordre politique, économique et culturel. Alors que par le passé, les pays occidentaux dominaient le monde, grâce à leur supériorité technologique, scientifique, militaire,  de nouvelles puissances ont émergé et pèsent à leur tour sur le cours des évènements. L'histoire nous enseigne que l'occident, sous divers régimes politiques, a exploité outrageusement les ressources des autres pays, sans tenir compte de l'intérêt et des aspirations de leurs populations. Aujourd'hui, des bouleversements politiques dans le monde, suscitent de nouvelles inquiétudes et posent de nouvelles questions...

        L'échiquier mondial a beaucoup changé et tout ce qui semblait acquis un certain temps, est remis en question. La rivalité affirmée pendant longtemps entre la Russie communiste et les U.S.A. apparaît quelque peu secondaire dans la vision actuelle des évènements politiques où émergent des géants tels la Chine et l'Inde, alors qu'en Orient la paix n'est pas encore vraiment acquise... Les conflits permanents dans les pays fournisseurs de pétrole dont l'occident ne saurait se passer, révèlent la fragilité des économies occidentales.  Nous savons tous, quelles que soient les affirmations souvent contradictoires concernant les ressources pétrolifères disponibles, qu'il est dément et irresponsable de consommer de plus en plus un produit non renouvelable et qui a, pour se constituer, nécessité un temps qui dépasse notre véritable entendement. Mais nos sociétés sont prisonnières de contingences qu'elles ont créées elles-mêmes et dont elles n'ont pas encore trouvé de solutions adéquates... Alors les égoïsmes l'emportent, l'attention se consacrant uniquement sur les avantages immédiats, sans souci de l'avenir...On entend certes, parfois des voix s'élever pour souligner que nous avons aussi la responsabilité de penser à l'avenir de nos enfants et de tous ceux qui viendront après nous. Mais l'urgence l'emporte le plus souvent sur la réflexion, à tel point que les problèmes au lieu de disparaître, grandissent encore davantage.

       Les multiples crises qui se présentent aujourd'hui, démontrent la fragilité de notre situation économique et par là aussi, celle de notre existence. Des menaces de toutes sortes nous guettent et mettent en péril notre avenir. L'histoire de l'humanité a connu de nombreux affrontements, des guerres, des dictatures, des totalitarismes et des dangers de toutes natures. Nous pouvons aujourd'hui, avec le recul, en déceler les trames et en analyser les causes. Or, en observant ce qui se passe actuellement dans le monde, on pourrait douter que l'humanité en ait tiré un  quelconque enseignement.

       La France, à juste titre,  est fière de son idéal républicain affirmé par les droits de l'homme: liberté, égalité et fraternité. Chimère ou réalité?  Nous savons tous qu'il est quelque peu déplacé de proclamer les "vertus républicaines" lors de discours patriotiques enflammés ou des articles de presse bien tournés, du moment qu'elles ne traduisent pas la réalité. Nos idéaux ne peuvent avoir un impact sur les autres nations, que s'ils sont appliqués concrètement chez nous... Pouvons-nous affirmer, en toute vérité, que cela est le cas dans notre pays?  Ne dit-on pas, à juste titre, qu'avant de vouloir faire la leçon aux autres, il faut commencer par balayer devant sa propre porte?

        Les idéaux républicains, pris à la lettre, transcendent le contenu véritable des partis politiques traditionnels, parce qu'ils reflètent une aspiration humaine qui dépasse le cadre de la citoyenneté nationale. Ces idéaux peuvent-ils aboutir sans une volonté de les transcrire, peu à peu, dans la réalité? Bonaparte avait, en son temps, suscité beaucoup d'espoir, en proclamant qu'il était un défenseur des droits de l'homme. Arrivé au pouvoir, "Napoléon" a, par la suite, trahi ces idéaux, en réintroduisant, par exemple le commerce des esclaves...Que de fois, en politique, n'a-t-on oublié les idéaux républicains, au noms d'intérêts partisans et égoïstes?

        Les notions d'humanité et d'inhumanité, celles de justice et d'injustice, sont illustrées quotidiennement dans la vie des diverses sociétés humaines dans le monde. Elles ont pris des formes nouvelles dans nos sociétés actuelles. Nous sommes tous confrontés, aujourd'hui, à des menaces sociales de diverses natures. Elles se rattachent essentiellement à deux courants: d'une part divers intégrismes religieux qui exercent une grande influence au sein de la société, d'autre part des formes d'intégrismes scientifiques qui influent également la vie sociale. Les deux courants, sous divers aspects,  s'attribuent un pouvoir énorme, au détriment de l'individualité humaine. Cette dernière n'est plus qu'une unité négligeable au regard des groupes d'intérêts. Les religions abusives imposent leurs propres règles aux individus, les scientifiques à l'esprit matérialiste considèrent la notion d'individualité comme une pure  fiction, certes rassurante pour l'individu. Dans les deux cas, l'individu n'est pas perçu sous l'angle de sa véritable personnalité, unique, spécifique.

        Nous savons tous que les sociétés humaines n'ont pas la même histoire et n'ont pas évolué au même rythme. Notre pays a son histoire semée d'épreuves, de dérives, d'injustices et parfois même d'horreurs. Cela devrait nous inciter à rester très circonspects et réservés, dans notre jugement envers l'histoire des autres pays. Mais les générations se suivent et n'ont souvent guère envie de s'attarder sur l'histoire de leur pays.  Elles se considèrent  souvent comme plus raisonnées, plus intelligentes, plus informées que celles du passé...Comment se fait-il alors que notre société se trouve dans une crise permanente et a tellement peur du lendemain? Croyons-nous vraiment que nos " divers spécialistes et scientifiques" sauront, sans notre participation, trouver la bonne solution à nos problèmes économiques et humains? L'histoire de tous les pays est avant tout celle d'êtres humains, dans leur quotidien, leur devenir, quelles que soient leur origine nationale, leur culture. L'avenir d'un pays est bien trop précieux pour le laisser aux mains de spécialistes attitrés. Il appartient à chacun de nous et il est imprudent de le déléguer à d'autres. Le passé nous démontre qu'une société humaine trop laxiste, ouvre la voie à l'injustice et à la déshumanisation. Une minorité  s'adjuge alors le droit de tracer l'avenir d'un pays, au détriment de la liberté, de l'égalité et de la fraternité.

       En occultant les réalités du passé, leurs conséquences sociales, humanitaires, on favorise de nouvelles injustices, de nouveaux conflits. Si les progrès sociaux, depuis la deuxième guerre mondiale, avaient évolué humainement, au même rythme que les progrès scientifiques, techniques, notre société serait bien différente aujourd'hui...Nous serions parvenus à progresser véritablement dans la voie d'une humanité fraternelle et solidaire. Il est étonnant de constater que les humains arrivent à être solidaires, conscients des besoins des autres, lors de grandes catastrophes, mais deviennent vite égocentriques, indifférents dans la vie quotidienne. Or, nous savons tous que l'indifférence dans une société humaine peut engendrer très vite l'inhumanité qui aboutit alors à des affrontements, des conflits, des guerres de toute nature. Le 21ème siècle a commencé et les sociétés ont subi des changements profonds. Chaque individu participe, à son niveau, à l'ensemble de l'humanité et est responsable de l'avenir de son pays et par extension, du monde entier. Si par égoïsme ou  peur des autres, nous croyons pouvoir nous enfermer dans une sécurité relative,  par un rejet des autres, nous provoquerons sans cesse  de nouveaux conflits.

        Les signes les plus apparents de déshumanisation deviennent concrets à travers des évènements touchant les finances publiques, les entreprises multinationales, les lobbies, les banques...Les conflits d'intérêt, malversations financières, profits exorbitants, salaires mirifiques de certains "grands dirigeants", les spéculations, l'enrichissement spectaculaire de certains traders, alors que beaucoup d'entreprises ferment, en laissant sur le carreau de plus en plus de chômeurs, sont les preuves manifestes d'une société en danger de déclin. Les paradis fiscaux pour ceux qui deviennent de plus en plus riches...et l'enfer pour les autres... Les puissances économiques ont, pour le moment, hélas, supplanté celles des états. Aujourd'hui, nous assistons quotidiennement à des mécanismes de déshumanisation où l'argent prime, où l'individu n'a de valeur que tant qu'il présente une utilité pour une politique axée sur le profit. Si nous nous efforçons de réfléchir un instant  aux résultats d'une telle politique, nous pouvons aisément comprendre qu'un humain n'aura finalement plus beaucoup de choix: soit il sera complètement asservi ou tendra à la révolte. La dernière variante mènera  alors à une guerre civile permanente sous diverses formes, dont on ne peut mesurer l'ampleur véritable.

      En réfléchissant à tout cela, chacun pourra en tirer ses propres conclusions. Nous savons que les progrès techniques ont changé  nos sociétés. Beaucoup de professions, de métiers, ont disparu, d'autres apparaissent sporadiquement, mais ne suffisent pas à combler la carence des pertes d'emplois constants. Les inégalités finissent toujours par engendrer des conflits avec leur lot de conséquences imprévisibles. Les sciences se sont sans cesse développées, suscitant objectivement des progrès. Mais tous les progrès se relativisent voire deviennent inopérants ou même destructeurs, si les besoins humains ne sont pas pris en compte. Toute carence en humanité devient finalement destructrice d'humanité. Or, l'humanité est une, malgré une apparente diversité. Elle est fragilisée, dès qu'elle est divisée, car elle génère des égoïsmes et des affrontements constants. Cela est vrai dans un pays où les diverses "classes sociales" se combattent, cela l'est encore davantage dans un cadre supranational et mondial...Il n'y aura jamais la paix dans le monde tant que les exigences humaines seront ignorées voire bafouées. Comment pourrait-on croire que nous vivrons  en paix, en oubliant les détresses du reste du monde?

        Aujourd'hui, pour faire face aux problèmes de notre temps, nous devrons changer complètement d'habitudes et de comportements. La lutte des partis, renouvelée de manière spectaculaire lors de chaque campagne électorale, est vraiment dérisoire, à l'échelle des besoins véritables de notre société.  Chaque candidat joue son rôle, à seule fin d'arriver à convaincre un maximum de votants, pour devenir " le président"... Tous les moyens sont bons, même les jeux de rôle et les mensonges...Or, n'est-il pas curieux qu'aujourd'hui, où nous disposons de moyens d'information innombrables, nous nous laissions souvent, par paresse intellectuelle, aller à la facilité en choisissant un parti, un candidat censé régler tous nos problèmes sociaux présents et futurs? N'avons-nous pas appris, malgré les multiples échecs du passé, que nous devons dépasser  les affrontements nationaux des partis traditionnels, pour collaborer raisonnablement pour le bien de tous et fédérer les bonnes volontés pour répondre aux besoins réels de notre temps? C'est ensemble, dans une politique où la primauté sera accordée à la valeur humaine, à ses besoins véritables tant matériels que psychologiques, que notre pays pourra retrouver un souffle, un espoir, un idéal. Il faut que la politique retrouve sa véritable raison d'être, sa mission humanitaire, qui est d'associer tous les citoyens pour construire un pays qui tendra vers un futur où les idéaux républicains prendront vraiment un sens réel. Construire un pays où il fera bon vivre parce qu'il reflètera un souci véritable de justice et de partage. Seul un effort commun, pour collaborer à l'édification d' une nation plus soucieuse de véritable humanité, nous permettra de progresser et d'empêcher une minorité d'imposer des pratiques et des règles qui asservissent et détruisent l'être humain, au lieu de le servir. Il est indispensable qu'un nombre croissant de citoyens prenne conscience des enjeux politiques, pour influencer utilement le cours des choses. Nous n'aurons d'avenir que dans la mesure où nous nous efforcerons à collaborer, chacun selon ses moyens, pour construire une politique sociale, culturelle digne des véritables exigences humaines. Pensons à ces exigences, en utilisant notre droit de vote pour influer utilement sur l'avenir de notre pays, celui de l'Europe et par extension, celui du monde...Nous n'avons qu'un monde, qu'une seule terre, qu'une seule humanité: ou bien nous arriverons à en prendre pleinement conscience, ou bien notre avenir se rétrécira de plus en plus, à la mesure de notre étroitesse d'esprit et de notre égoïsme. Mais dès lors, nous ne pourrons plus parler de fatalité ou de concours de circonstances malheureux, ce sera la conséquence de notre manque d'humanité, de notre myopie volontaire dans la perception des exigences véritables de notre temps. Nous sommes chacun, à notre niveau, responsables du monde de demain!          

Par Myriam - Publié dans : Echange d'idées
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Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 12:17

      

 

L'année nouvelle s'ouvre sur un avenir menaçant. Les immenses dettes que notre pays a accumulées au cours du temps ouvrent des perspectives assez sombres pour les années qui viennent. Nul pays ne peut, à long terme, s'assurer un futur enviable, en s'endettant continuellement.  Les richesses doivent être produites avant de pouvoir être consommées. Quand un pays vit au-dessus de ses moyens, il s'endette et perd peu à peu son autonomie. Au cours des dernières années, un nombre croissant d'entreprises françaises ont été liquidées suite à la faillite ou ont quitté notre pays, pour investir ailleurs, pour faire plus de bénéfices...   Le chômage prive un nombre croissant de notre population des ressources nécessaires à une vie décente. L'élection présidentielle prochaine, l'affrontement des partis politiques deviennent, au cours des semaines, un terrible "jeu de la vérité" où les ténors des divers partis exposent, à travers  les médias, la situation économique peu enviable de notre pays, en critiquant les politiciens en place, en proposant leurs propres programmes pour l'avenir. Chaque citoyen français a le pouvoir d'influencer le choix politique, de contribuer par son bulletin de vote à la construction d'un futur plus juste, plus fraternel. Le droit de vote peut devenir révolutionnaire pour une population engagée qui veut vraiment reconstruire son avenir.

       Proclamer qu'il n'existe pas de "leçons de l'histoire" est à la fois vrai...et faux. Nous savons tous, par notre propre expérience, que tous les jours, la vie peut nous apprendre beaucoup de choses, à partir de nos propres échecs et réussites. Pour ce qui est des leçons de l'histoire, il est indéniable qu'en analysant après coup les évènements, on peut toujours en tirer un enseignement précieux, si on est prêt à cette réflexion. Mais il est aussi vrai que la vie est un flux continu se déroulant sous des perspectives changeantes et nouvelles. Dans ce cadre évolutif, les leçons de l'histoire deviennent quelque peu hasardeuses voire parfois inapplicables. Ce qui ne signifie nullement que le passé n'aurait rien à nous enseigner pour l'avenir. A ce titre, notre propre passé politique national peut nous éclairer largement sur les erreurs politiques de nos dirigeants passés. En réfléchissant sérieusement sur les "leçons du passé", tout citoyen devrait être capable de déterminer son choix politique pour l'avenir. Mais la responsabilité citoyenne ne se limite pas à déposer son bulletin de vote dans l'urne, en s'imaginant avoir "accompli son devoir". Chaque citoyen français a une responsabilité politique, qui l'engage en permanence. Il ne suffit pas de voter pour un responsable de notre choix, en croisant ensuite nos bras pour en attendre les résultats que nous souhaitons. Le pouvoir politique a un but essentiel: il doit toujours rester au service des citoyens, de tous les citoyens, au service du pays. Le choix citoyen exprimé par le vote est déterminant pour la gouvernance du pays, mais le devoir de surveillance citoyenne ne se limite nullement au temps d'une élection.

         La campagne électorale est toujours riche d'enseignements, si l'on observe les échanges de manière vraiment objective. Nous savons tous que les candidats politiques usent de tous les stratagèmes pour essayer de nous convaincre et de nous séduire, juste le temps des élections. Les campagnes électorales sont devenues aujourd'hui l'occasion de pratiquer un exercice spécifique: l'art de séduire et de convaincre, par tous les moyens à disposition. Les candidats sont "coachés" à cet effet grâce à des techniques sophistiquées. Ils sont formés par des "spécialistes" qui leur enseignent l'art de convaincre, de "gagner" un public: contrôle de la voix, du geste, du regard, de la formule percutante, de l'émotion contrôlée. Rien n'est laissé au hasard, tout est formaté, contrôlé, encadré pour convaincre les électeurs.  Pour gagner un public, il faut lui donner l'impression de le comprendre, d'endosser ses idées, de mener son combat avec acharnement. La formule n'est certes pas nouvelle, elle a connu ses heures de gloire en d'autres temps et dans d'autres pays. Les résultats, à l'arrivée, ont souvent été décevants sinon contraires à ce que l'on en espérait.

         Le temps des élections a toujours un caractère particulier. Il peut ouvrir des horizons nouveaux ou n'être qu'une reconduction d'une situation préexistante. La démocratie peut être inertie, mais aussi changement et révolution. Le droit de vote est, de fait, un pouvoir vraiment exceptionnel, s'il est employé habilement. Il peut être le miroir de réflexion de la conscience d'une nation. L'histoire nous enseigne qu'un peuple peut avoir un pouvoir immense, s'il sait s'en servir avec sagesse. Chaque individu citoyen peut réfléchir sur les "leçons du passé", pour en tirer un enseignement utile pour l'avenir. Notre pays a eu des "gouvernements de gauche" et des "gouvernements de droite", au fil du temps. Tous ont eu leurs mérites et leurs faiblesses. Des hommes politiques de ces deux tendances ont même essayé, pour rallier plus de suffrages, de se positionner davantage "au centre"...Les expériences passées ont cependant montré qu'une majorité de citoyens n'était pas prêts à envisager un nouveau pari: celui où les votes sortiraient du clivage habituel pour tenter une politique vraiment nouvelle, sur des enjeux qui sortiraient enfin des clivages habituels "droite ou gauche"...La vie politique jusqu'à présent, s'est essentiellement limitée au mêmes affrontements périodiques de partis de droite et de gauche, avec des résultats souvent hasardeux, inégalitaires. Les deux camps opposés ont connu tour à tour des succès et des défaites. Parce que dans les deux partis, il y a toujours eu des dérives, des trahisons, des choix partisans. Les opportunités et les pouvoirs ont trop souvent servi une minorité au lieu de tenir vraiment compte des devoirs véritables de la politique: être au service de tous. Les enjeux politiques sont devenus essentiellement des exercices de pouvoir où, au lieu de s'efforcer de construire un avenir commun, une société plus juste et plus solidaire, le combat consiste essentiellement à déstabiliser et à anéantir l'autre...Un outrage permanent à la devise républicaine dont la France est tellement fière: liberté, égalité, fraternité! La liberté consiste-t-elle à faire n'importe quoi, quitte à nuire ou blesser les autres? L'égalité se limite-t-elle à imposer des lois et des règlements qui  ne s'appliquent pas à ceux qui disposent de plus de moyens financiers et d'appuis que d'autres? La fraternité n'est-elle qu'un symbole vide de sens proclamé lors de manifestations patriotiques? La devise républicaine n'est-elle qu'une formule vide de sens, un mensonge politique?

           Il faut se rendre à l'évidence: il ne suffit pas de proclamer des idéaux de fraternité, de patriotisme, il faut s'efforcer de les appliquer non avec une conscience politique partisane, mais avec une conscience morale tenant compte de la dignité humaine. Ne nous laissons pas berner par des discours démagogiques qui trop souvent masquent la réalité des évènements. Nous ne pouvons déléguer notre pouvoir sur l'avenir, sans continuer à contrôler en toute conscience, le choix que nous assumons. Si, par commodité, par confort idéologique, nous votons pour un parti, un homme popularisé par les médias, au lieu de choisir un programme politique qui soit à la hauteur des problèmes de notre temps, nous serons, une fois de plus déçus.... Les enjeux sont aujourd'hui d'une importance qui dépasse le pouvoir d'une seule nation. Si nous voulons sauver notre culture européenne, nous devons être solidaires des autres pays européens, pour nous efforcer de tracer un avenir commun, pour le bien de tous. Le temps des nationalismes égoïstes a provoqué bien des affrontements, des guerres, des misères. L'Europe s'est construite à travers une longue histoire, parsemée de luttes fratricides, de guerres diverses, de souffrances infinies. L'heure est venue d'en tirer une leçon pour l'avenir, pour construire une Europe unie, solidaire, volontaire pour être un exemple d'humanité véritable pour le monde entier.

         La France peut avoir de l'importance parmi les voix des nations, si elle devient capable d'envisager une politique d'avenir constructive, susceptible de mobiliser ses partenaires européens, pour proposer les moyens pour rendre le monde plus pacifique, plus solidaire, plus fraternel. L'histoire devrait nous rappeler sans cesse que les problèmes humains ne se règlent jamais par la violence ou par des lois injustes. Nous savons tous que, dans toutes les situations politiques où nous sacrifions l'humain au profit d' intérêts purement matériels, nous aboutissons finalement à l'échec avec ses lots de souffrance. L'Europe, de par son histoire, peut tracer les sillons d'un avenir meilleur pour l'humanité, en donnant l'exemple d'une union capable d'être solidaire, humaniste, juste.

       L'avenir n'a de sens que s'il est constructif et riche d'espérance pour le futur. L'histoire de nos pays peut nous amener à réfléchir sur les erreurs du passé pour  ne pas retomber dans les mêmes écueils...Nous savons que les progrès techniques, matériels ne peuvent  garantir le bonheur d'une société, si cette dernière abandonne ce qui essentiel à l'être humain: lui donner un but de vie, une espérance en l'avenir. Or l'être humain, pour trouver un sens à son existence, doit pouvoir vivre décemment, en ayant la possibilité de développer ses aptitudes et pouvoir s'affirmer par ses engagements dans la société  dans laquelle il vit. La réussite matérielle est certes toujours souhaitable, mais elle ne saurait garantir le bonheur complet de l'individu. Chaque individu a aussi une mission sociale, si humble soit-elle. S'il la néglige, sa vie intérieure restera terne.

      La politique est l'affaire de tous et de chacun en particulier. Par égoïsme, trop souvent, chacun de nous ne pense qu'à ses propres intérêts en considérant ceux des autres comme négligeables. A-t-on jamais essayé d'imaginer un monde où chacun serait soucieux de l'autre, de son bien-être, de ses aspirations, de ses possibilités? Peut-être ferions-nous une expérience toute nouvelle où nous pourrions découvrir des joies fondées sur le partage et le souci des autres ?...Si, en faisant l'effort d'aller vers l'autre, nous pouvions aussi mieux nous retrouver nous-même, dans nos aspirations secrètes, profondes, en nous sentant utiles? Peut-être même que cet effort "philanthropique"  pourrait redonner aux autres l'envie de nous aimer à leur tour, non par un échange forcé, mais comme un aboutissement d'un amour généreux?

        Une vie sociale, à long terme, ne peut subsister et réussir que si elle tient compte des exigences humaines de tous. Ces dernières sont certes, pour une large part, d'ordre matériel, capables de  donner à chaque individualité humaine la possibilité de se tisser un avenir, pour pouvoir se développer culturellement et humainement. Les richesses matérielles ont de l'importance, mais ne peuvent, à elles seules, faire aboutir la vocation humaine profonde. Pour satisfaire cette dernière véritablement, chaque individu doit aussi porter en lui, le souci des autres, par la solidarité, le partage. La joie véritable ne peut résulter que dans un humanisme sans cesse réinventé dans les multiples possibilités qu'offre la vie quotidienne. Il faut garder une part d' égoïsme légitime pour rester soi-même. Cette affirmation n'a de sens, cependant, que si elle s'exprime concrètement dans l'effort de solidarité, de justice, de fraternité humaine. L'égoïsme, tout seul, enferme l'individu et finit par l'altérer. L'altruisme, le souci de l'autre, peut être pour nous une libération et donner un sens, un nouveau départ dans notre existence.

        Si le temps des élections  n'est pas associé à une véritable prise de conscience de notre devoir de citoyen, de notre responsabilité individuelle pour le monde de demain, nous ne pourrons progresser, car nous serons  affrontés continuellement à des conflits d'intérêts privés et égoïstes. En élevant sans cesse des barricades d'égoïsme, nous ferons augmenter le nombre de malheureux, de délaissés, de désespérés qui finiront par être des révoltés et des adversaires... Notre pays a toujours montré sa grandeur et sa force par l'union dans l'adversité. Les enjeux de l'avenir seront de plus en plus compliqués, les conflits d'intérêt de plus en plus nombreux. Si nous n'apprenons pas à vivre en nous souciant des autres, nous aboutirons une fois de plus à des conflits, des affrontements de toutes natures. A quoi nous serviront les progrès de la science dont nous sommes légitimement fiers, si nos coeurs restent sans cesse en retrait par manque de générosité, par pur égoïsme, par manque de sagesse? La politique d'un pays exprime de façon concrète le niveau de conscience d'une majorité de sa population. Il peut, à cet effet, être très instructif d'observer la politique sociale d'autres pays pour se forger un jugement sur "l'état d'humanisme" existant. Peu de pays, à ce jour, ont une politique sociale et une économie qui répondent véritablement aux "besoins humains" de solidarité, de partage, de culture pour tous. La France pourra être légitimement fière de sa politique, lorsque ses idéaux de liberté, d'égalité et de fraternité, cesseront d'être des slogans vides de sens, pour devenir peu à peu une réalité dans la vie quotidienne...Chaque citoyen a sa part de responsabilité dans la politique de son pays: il élit ses parlementaires et choisit par son vote les personnalités qui vont mener la politique du pays. A partir du moment où chaque citoyen électeur prendra pleinement conscience de cette responsabilité et de cette chance, il réfléchira à deux fois avant de mettre son bulletin de vote dans l'urne. Notre citoyenneté nous confère une part de responsabilité pour notre avenir et nos lendemains seront plus prometteurs, si nous prenons véritablement conscience, que la fraternité, l'amour, sont des idéaux et des forces qui devraient être appliqués dans les domaines de la politique... Le temps des élections doit être pour nous  celui de la réflexion personnelle et de l'engagement. Essayons de trouver une sérénité, une lucidité pour faire notre choix. Les campagnes électorales génèrent une multitude de propos contradictoires et sont rarement objectives. A nous de nous informer, par tous les moyens disponibles, pour faire notre choix. Après, il sera trop tard!   

             

 

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Par Myriam - Publié dans : Echange d'idées
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Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 13:56

  

 

                

 

L'année nouvelle  commencée a ouvert la porte d'un futur encore incertain, sur une multitude d'évènements importants, encore inconnus à l'heure actuelle, qui vont marquer notre vie. Nous appréhendons cet avenir encore secret avec des sentiments diffus et contradictoires. L'actualité nous informe journellement des difficultés à venir. Notre société vit, depuis bien longtemps, dans une "grande illusion" qui nous a fait croire que nous maîtrisions parfaitement nos ressources, nos possibilités techniques, notre avenir.  Pendant bien longtemps, on pensait que les progrès techniques, scientifiques, instaureraient un monde plus équitable, plus pacifique et plus fraternel. Or nous savons aujourd'hui, que le 20ème siècle qui avait suscité tant de rêves et d'espoirs, était vite devenu celui des guerres, des affrontements violents, des destructions. Les progrès scientifiques et techniques, loin d'apporter la paix et la joie, ont été mis au service des égoïsmes destructeurs, tant au niveau des nations que des individus. Il est évident que les découvertes scientifiques ne peuvent aucunement être mis en accusation de cet état de faits. Elles ne prennent leur sens véritable qu'à travers leurs applications: les découvertes techniques peuvent générer autant le bien que le mal. Le responsable, l'arbitre en l'occurrence, c'est l'individualité humaine. C'est l'être humain qui donne un sens aux outils qui sont à sa portée: les sciences qu'il a décryptées et mises à son service, peuvent aider l'humain ou le détruire, selon l'application choisie. Les sciences progressent sans cesse et sont le reflet des progrès de l'intelligence humaine. Mais l'intelligence humaine ne génère pas automatiquement et nécessairement la sagesse humaine, l'amour du prochain, la générosité... Elle peut même devenir l'instrument des pires atrocités. Les fours crématoires des camps de concentration en sont une triste et macabre illustration.

       Au début de cette année nouvelle, il peut être utile, pour chacun de nous, de prendre conscience  de l'impact de nos comportements sur notre vie et celle des autres. Selon notre comportement individuel, notre société et finalement notre monde seront différents... L'égoïsme restera toujours une attitude d'isolation, de fermeture aux besoins des autres, un refus d'amour généreux. Il sera toujours le préambule d'affrontements de toutes natures, de conflits, de guerres partisanes. L'histoire de l'humanité nous rappelle les conséquences funestes et désastreuses que de telles attitudes génèrent. Tant que l'humanité entière n'aura pas compris les leçons du passé, elle induira sans cesse   de nouveaux conflits meurtriers, de nouvelles catastrophes et constamment sa propre perte. Les affrontements sont aujourd'hui plus subtils, plus secrets: les "guerres commerciales", sous un déguisement anodin, font aussi d'innombrables victimes. C'est dans les échanges, le commerce paisible, que devrait se concrétiser la "fraternité" évoquée parmi les trois "idéaux républicains". La terre et ses richesses sont les biens de tous et devraient, dans un échange fraternel, permettre à tous de vivre. L'expérience nous démontre que l'humanité, pour le moment, est encore bien loin de ce but...

       L'humanité actuelle est dans une impasse extrêmement dangereuse, sinon suicidaire. Les progrès qui ont certes amélioré la vie des humains, n'ont nullement généré une société juste, généreuse, aimante. Ce déficit en "amour humain" aboutit à des conséquences dramatiques dont nos médias rapportent les détails: agressions, suicides, attentats, meurtres...Triste bilan d'une humanité "moderne" qui a perdu ses repères et qui est tombée dans la violence sous toutes ses formes. Le "sens de la vie", sous toutes ses acceptations, s'est vidé de son contenu, de sa valeur.

       Mais on peut aussi, à partir du constat des tristes évènements de notre temps, en analyser les causes, pour essayer d'y trouver des incitations pour modifier nos comportements, pour devenir les acteurs responsables de notre vie, pour contribuer individuellement, à changer notre rapport à la réalité quotidienne. Ne sommes-nous pas trop souvent tributaires de ceux qui veulent influencer notre vie? Et si nous commencions par faire personnellement le bilan de notre vie actuelle, pour faire le point, non pas pour dresser la liste de nos échecs, nos impossibilités, mais pour faire celle des possibilités non encore expérimentées?  Trouver l'audace du défit, oser entreprendre une démarche nouvelle,  découvrir un nouveau champ d'expérience et redonner un sens nouveau à ma vie?

       Cette démarche est utile à tous les âges de la vie: chez les jeunes pour découvrir le monde, plus tard pour construire sa vie, puis pour en faire mûrir les fruits... A toute époque de sa vie, on peut faire le bilan du passé et tracer des plans d'avenir. Cela s'appelle "vivre". Trop de gens attendent tout des autres et oublient que la vie vaut essentiellement par l'engagement personnel. Ce dernier peut être une leçon de vie continuelle et peut aussi être un encouragement pour les autres. Notre société omet souvent  d'enseigner que ce qui donne de la valeur à la vie, c'est ce que l'on réalise personnellement et surtout ce que l'on "donne" aux autres. Le bonheur ne consiste pas, en premier lieu, à consommer toujours davantage au mépris des besoins des autres, il réside dans le partage, dans l'initiative personnelle, dans la découverte constante, dans la curiosité pour le monde que nous habitons. L'aventure existentielle la plus magnifique ne réside-t-elle pas aussi dans le partage des moments importants de notre vie avec les autres?

        L'année nouvelle s'ouvre sur des perspectives de difficultés diverses: crise économique, chômage en augmentation, affrontements politiques, peurs de l'avenir. Dans peu de temps notre pays devra faire son choix politique qui s'avérera d'autant plus difficile au regard des perspectives d'avenir. Quelque seront les choix politiques, les lendemains resteront pour longtemps difficiles, pour une large population face à des dirigeants politiques qui ont pris l'habitude de leur cacher la vérité, de favoriser une élite proclamée ou instaurée par un statut financier privilégié, au détriment du reste des citoyens. Toute injustice sociale finit par générer des crises et des affrontements. Nos futurs gouvernants sauront-ils gérer notre vie économique et sociale d'une manière sage et équitable, pour assurer la paix sociale? Sauront-ils proposer une politique ambitieuse de justice sociale et d'équité économique? Sauront-ils redonner de l'espoir et proposer aux jeunes une vie sociale équitable, harmonieuse, qui sera capable de traduire progressivement dans le quotidien les idéaux républicains de liberté, d'égalité et de fraternité?Tant que les idéaux ne sont proclamés que dans des discours creux voire mensongers, tant qu'ils restent de vaines promesses sans véritable volonté d'accomplissement, notre société ne pourra devenir ni juste, ni fraternelle...Une telle politique resterait un affront constant pour ce qui fait la dignité humaine!  Il serait grand temps d'assumer une politique sociale qui soit enfin à la hauteur des enjeux.

        Il est consternant de constater aussi que trop souvent, les générations nouvelles ne sont pas intéressées par l'histoire de leur pays. Le passé a démontré que les "leçons de l'histoire" sont le plus souvent inopérantes, car les victimes des guerres ont disparu entre-temps et les nouvelles générations ne s'intéressent  guère au passé...Cela a pour conséquence que beaucoup d'hommes et de femmes, par manque de culture, de courage politique, d'engagement personnel, délèguent leur part de pouvoir à d'autres qui en disposent à leur gré, en en tirant des  privilèges personnels. Chaque individu a sa part de responsabilité dans le devenir humain. L'histoire des humains nous montre que les plus belles parts d'héritage du génie humain, proviennent de personnalités avides de connaître, d'étudier les richesses qu'offrent la terre, curieuses de percer les mystères inscrits dans les espaces à notre portée. Notre société actuelle est devenue aujourd'hui, pour une large part, essentiellement consumériste. Notre société de consommation nous a habitués à considérer le côté pratique des choses et des évènements. Des "spécialistes" inventent pour nous continuellement de nouveaux  produits consommables et vite périssables, puisque l'accent doit être mis sur la consommation constante, considérée comme la seule source de revenu continue. On connaît aujourd'hui les résultats d'une telle politique commerciale: appauvrissement constant des richesses naturelles, pollution croissante de la nature, pathologies diverses issues de cette manière de vivre. Pourrons- nous indéfiniment vivre de cette manière?? Est-ce là le monde que nous voulons laisser à nos enfants?

         La vie humaine s'inscrit dans un cadre merveilleux où tout peut être une source de découverte constante, où tout peut devenir, si nous le voulons, un nouvel émerveillement. Cela devrait nous pousser à la réflexion sur la raison d'être de notre existence, la valeur de notre vie.  C'est parce que nous avons perdu l'habitude de nous étonner du monde et des êtres qui l'habitent, que nous avons perdu peu à peu le sens, dans toutes les acceptations du terme, de notre propre vie. Nous nous laissons sans cesse distraire par l'accessoire, le futile, au lieu de nous attarder sur l'essentiel, ce qui donne le sens à notre existence: l'intérêt pour les autres, la joie d'exister, de pouvoir admirer un coucher de soleil, de pouvoir aimer. Notre société matérialiste nous a habitués à un monde mercantile où les seules valeurs sont celles de l'argent, des richesses matérielles, du pouvoir. Le nombre croissant de malheurs sociaux, de suicides, de meurtres, démontre tragiquement l'échec de notre société actuelle. Quand tirerons-nous les leçons de cet état de faits? Pourquoi notre société "avancée" est-elle en si pitoyable situation? Pourquoi vivons-nous dans une civilisation où règne l'inquiétude du lendemain? Cet échec n'est-il pas essentiellement dû à notre déficit en valeurs véritablement humaines, à la perte de repères pour retrouver notre humanité?

       Il semble en effet, qu'une part grandissante d'humains a perdu le sens des véritables valeurs, celles qui enrichissent le coeur humain. L'approche matérialiste actuelle a fini par polluer les valeurs humaines  les plus intimes...  Enlisés dans une vision matérialiste, bien des hommes et des femmes ont perdu le sens du verbe "aimer"...Ce  verbe finit par n'évoquer, pour beaucoup d'individus, que l'aspect premier, "physique"du terme. Beaucoup ignorent le potentiel infini de richesses et possibilités contenues dans le mot "amour". C'est pourquoi notre société, malgré les nombreuses richesses matérielles présentes, est devenue très indigente en "richesses d'amour". C'est parce que un nombre grandissant d'hommes et de femmes ne savent plus aujourd'hui ce que signifie véritablement "aimer" dans la vie quotidienne, que notre société s'est atrophiée, pour n'être plus qu'un lieu désordonné d'égoïsmes divers... Au lieu d'être naturellement "fraternelle" notre société est devenue la scène d'affrontements suscités par les égoïsmes conflictuels, parfois même meurtriers. Notre monde est en manque d'humanité véritable, celle qui aide et respecte l'autre, celle qui sait partager, celle qui laisse une place de vie à  l'autre, celle qui sait d'aimer l'autre, quel que soit son sexe, sa culture, sa richesse matérielle.

       La terre est notre héritage commun. Elle est le berceau de l'humanité, des civilisations, des cultures qui sont les marques de l'histoire humaine. C'est elle qui forme notre cadre de vie, c'est elle qui nous permet de tracer notre histoire, c'est elle qui permet à l'humanité de vivre, d'y inscrire ses biographies, ses parcours... Les humains prennent peur quand ils perdent leurs repères.  Les progrès incessants des sciences avaient suscité, au départ, des espérances infinis: les découvertes dans tous les domaines ouvraient et ouvrent encore, des champs nouveaux où tout semble possible. Les rêves les plus audacieux surgissent encore dans les esprits humains...Beaucoup sont aussi devenus des réalités. Mais les humains de tous âges continuent de souffrir et  de mourir. Et les scientifiques continuent de nous faire rêver, nous faire espérer qu'à long terme, tout sera possible, mais le temps passe et les humains n'échappent pas à leur destin de simples mortels... Cette évidence donne le prix à notre existence et en définit les paramètres. Chaque être humain écrit sa propre histoire. La vie de l'athée, de l'agnostique, du croyant, du philosophe, du penseur en général, sera à l'image  de sa perception personnelle intérieure, sa croyance, sa philosophie, sa culture. Chaque individu peut avoir son espace de liberté grâce à son esprit, sa pensée. La personnalité de chaque être humain évolue selon son propre parcours, dans un premier temps programmé par sa culture originelle, son environnement, son parcours personnel et dans un second temps, s'il en a la volonté, selon les résultats de ses propres réflexions, investigations, expériences personnelles. Ces possibilités sont à la portée de l'individualité humaine, si elle le veut. Le monde est un champ d'expériences infinies pour l'esprit humain en recherche. Il est le cadre de son évolution, de ses expériences, de ses investigations personnelles. Trop d'individus, aujourd'hui, renoncent à penser par eux-mêmes, attitude pourtant indispensable pour comprendre et gagner progressivement une confiance en leur jugement personnel.

       Au seuil de l'année nouvelle, nous pouvons, si nous en avons la volonté, essayer d'exercer notre influence dans le cadre de notre vie, pour être attentifs et vigilants à ce qui se passe autour de nous. La politique est un domaine trop important pour le devenir humain pour la laisser aux mains de spécialistes chargés de régler tous nos problèmes! Les échecs et drames nombreux dans l'histoire de l'humanité démontrent à souhait les dérives d'une telle organisation. Aujourd'hui, dans les véritables démocraties, chaque individu a sa part de responsabilité dans le tracé du futur. Ce n'est certes pas une nouveauté. Mais la véritable nouveauté serait la prise de conscience des véritables enjeux de la politique qui devrait aboutir, non à une lutte pour en tirer des bénéfices personnels ou de clans, mais pour avoir le souci et l'ambition d'inclure dans le pacte social tous les citoyens du pays et, au-delà, de l'humanité entière. Les nombreuses guerres meurtrières démontrent que l'humanité n'a d'avenir que si elle est prête à partager ses richesses et à collaborer au lieu de s'affronter. Cela est vrai sur le plan national autant que sur le plan international. L'humanité est une. En prendre de plus en plus conscience peut nous permettre de changer notre manière de vivre et apprendre à nous soucier du devenir des autres. Les progrès scientifiques n'ont de sens que s'ils s'inscrivent dans un avenir qui favorise l'émergence d'une humanité véritable qui se soucie du bien de tous, au-delà des frontières culturelles, sociales et économiques. C'est la condition de la pérennité de l'humanité sur terre. C'est un enjeu énorme, exigeant qui peut aussi devenir une expérience extraordinaire d'humanité véritable et d'amour abouti.

      

    

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Par Myriam - Publié dans : Echange d'idées
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Lundi 12 décembre 2011 1 12 /12 /Déc /2011 20:03

 

 

L'année s'achève bientôt et le mois de décembre est celui où se niche la date mythique du 25 décembre consacrée à la célébration  de la fête de Noël, initiée par la tradition chrétienne. Notre société, pour une large part, s'est détachée aujourd'hui de la signification religieuse de cette fête, pour la réduire, très souvent, à n'être qu'une opportunité laïque, se traduisant essentiellement dans un commerce accru de biens de consommation. La préparation de la fête de Noël consiste dès lors, pour beaucoup, à réfléchir aux cadeaux à offrir, aux repas festifs à préparer.  En ces temps de crises, le clivage entre ceux qui ont de l'argent et ceux qui n'en ont pas, devient alors dramatique. D'une part des repas parfois très onéreux, d'autre part les resto du coeur pour ceux qui y trouvent une place... Les innombrables lumières et décors de Noël qui brillent dans la nuit de l'hiver, n'arrivent guère à éclairer les  humains qui souffrent, pour leur redonner de l'espoir. La précarité a augmenté rapidement dans notre société et la peur s'est installée un peu partout. Noël peut-il encore avoir un sens pour tous ceux et celles qui restent des exclus de par leur statut social? Qu'est devenue notre société française qui a, au lendemain de la révolution française, sanctuarisé les droits de l'être humain en affichant si fièrement ses idéaux républicains de liberté, d'égalité, de fraternité? Un citoyen chômeur, assisté, sans espoir de réinsertion, peut -il encore parler de liberté? Peut-il revendiquer l'égalité dans une société aussi injuste où coexistent un  nombre grandissant de personnes qui ne disposent que du stricte minimum, d'autres même dénués de ressources et d'autre part un nombre considérable de gens fortunés dont l'unique raison de vivre consiste à s'enrichir encore davantage? Comment évoquer une fraternité, dans une société dont la dynamique essentielle se traduit par la concurrence et l'affrontement continuels? La fraternité, pour avoir véritablement un sens, ne devrait-elle pas s'exprimer essentiellement dans le partage équitable des biens et des ressources? Dans une  société égoïste et matérialiste, parler de Noël devient un non-sens et un outrage au regard de la signification initiale que l'évènement devrait évoquer. Si on réduit cette fête à n'être qu'une incitation périodique à la consommation de biens matériels, elle exclut, de fait, tous ceux et celles qui sont privés de ressources financières suffisantes pour y participer. Mais est-ce là le sens véritable de Noël?

        Essayons de retrouver les origines, le fondement de cette fête. L'histoire de la chrétienté nous apprend que Noël, sous l'angle religieux, célèbre la naissance de Jésus, au début de notre ère. Nous savons que la date du 25 décembre n'est pas une date véritablement "historique" dans le sens exact du terme. Une partie de la chrétienté a toujours traditionnellement fêté cet évènement le 6 janvier. On se rend compte que Noël échappe aux critères de l'histoire tels que nous les concevons aujourd'hui. L'importance essentielle de l'évènement ne se fonde pas sur une date historique, mais plutôt sur sa signification, sa dimension. Pour en prendre conscience, il faut se pencher sur les documents qui relatent la naissance de Jésus, qui deviendra, après le baptême du Jourdain, le porteur du Christ, investi du Verbe divin qui, par sa vie, sa mort, sa résurrection, posera le fondement du christianisme. La nativité de Jésus est évoquée dans les évangiles de Luc et de Matthieu. Si nous prenons le temps de lire attentivement les deux narrations, nous serons vite étonnés et quelque peu désorientés. Pourquoi? Parce que les deux récits sont très différents!

        Commençons par l'évangile de Luc. Dans la merveilleuse traduction d'André Chouraqui, nous lisons: "Et c'est, en ces jours, un édit de Caesar Augustus sort pour recenser tout l'univers. Ce recensement est le premier, Quirinius étant gouverneur de Syrie. Ils vont tous se faire inscrire, chacun dans sa ville. Joseph monte aussi de Galil, de la ville de Nasèrèt, vers Iehouda, vers la ville de David, appelée Béit Lèhèm. Il est de la maison de David et de son clan. Il se fait recenser avec Miriâm, sa fiancée, qui est enceinte. Et c'est, quand ils sont là, les jours de son enfantement se remplissent. Elle enfante son fils, son aîné. Elle l'emmaillote et le couche dans une mangeoire, car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle." Cette traduction est bouleversante par sa simplicité et son évocation sobre qui touche le coeur. Le texte qui suit est comme une brise légère: "Des bergers étaient là, dans ce pays; ils vivaient aux champs, et gardaient, aux veilles de la nuit, leur troupeau." Puis l'évangile raconte l'apparition de l'ange,  messager de Dieu qui annonce aux bergers la "bonne nouvelle": "Il est né pour vous aujourd'hui un sauveur. C'est le messie d'Adonai (Dieu), dans la ville de David. Tel est pour vous le signe: vous trouverez un nourrisson, emmailloté, couché dans une mangeoire." Le texte poursuit en narrant l'apparition d'une multitude d'anges qui louent Dieu en disant: "gloire à Dieu dans les hauteurs et paix sur terre aux hommes de bon gré!" Les bergers se rendent à Bethléhem et trouvent Miriam (Marie) et Joseph avec l'enfant couché dans la mangeoire.

     L'évangile de Matthieu nous présente une évocation bien différente. Reprenons la traduction émouvante d'André Chouraqui: "L'enfantement de Iéshoua (Jésus), messie, c'est ainsi: Miriâm (Marie), sa mère, est fiancée à Iosseph (Joseph). Avant qu'ils se rencontrent, elle est trouvée l'ayant dans le ventre par le souffle sacré. Iosseph, son homme, est un juste. Ne désirant pas sa disgrâce, il se résout à la délier en secret. Dans cette perplexité, voici, un messager d'Adonai (Dieu) lui apparaît en rêve et dit: Iosseph bèn David, ne frémis pas de prendre avec toi Miriâm, ta femme. Oui, ce qui s'enfante en elle est du souffle sacré. Elle enfantera un fils. Crie son nom: Iéshoua (Jésus), parce qu'il sauvera son peuple de ses fautes." Un peu plus loin, nous lisons: "Iosseph se réveille du sommeil. Il fait selon ce que lui a ordonné le messager d'Adonai (Dieu) et prend avec lui sa femme. Il ne la pénètre pas jusqu'à ce qu'elle ait enfanté un fils. Il crie son nom: Iéshoua (Jésus)". Le texte qui suit: "Quand Iéshoua naît à Béit Lèhem en Iehouda (Bethléhem en Judée), dans les jours du roi Hèrodes, voici, des mages du levant arrivent à Ieroushalaîm (Jérusalem) et disent: Où est-il, le nouveau-né, le roi des Iehoudîm (Juifs)? Oui, nous avons vu son étoile au levant, et nous venons nous prosterner devant lui." Suit alors l'évocation du roi Hérode qui s'inquiète d'apprendre la naissance d'un messie et qui essaye de s'informer, par les mages, de l'endroit où se trouve l'enfant, dans l'intention de le tuer.  Les mages suivent 'l'étoile' qui les mène à la maison où ils trouvent l'enfant. Le texte traduit par Chouraqui garde son charme tout particulier: "Et voici, l'étoile qu'ils avaient vue au levant devant eux. Elle vient et s'arrête au-dessus du lieu où se trouve le petit enfant. Ils voient l'étoile et se réjouissent d'une très grande joie. Ils viennent dans la maison et voient le petit enfant avec Miriâm, sa mère. Ils s'inclinent et se prosternent devant lui. Puis ils ouvrent leurs trésors. Ils lui offrent des présents d'or, d'oliban et de myrrhe. Eux-même sont avertis par un rêve de ne pas retourner chez Hérôdès. Ils se retirent par une autre route vers leur pays;" Le texte qui suit rapporte que Joseph, à son tour, est averti en songe, par un messager de Dieu qui l'avertit du danger qui menace le nouveau-né. Il fuit avec sa petite famille en Egypte. Hérode furieux, ordonne de tuer tous les enfants de moins de deux ans, c'est le "massacre des innocents". A la mort d'Hérode, un messager de Dieu informe Joseph que ce dernier est mort et qu'il peut retourner dans son pays. Se méfiant du fils d'Hérode qui prend la succession de son père, Joseph ne retourne pas à son ancienne résidence et s'installe à Nazareth en Galilée.

     Nous sommes, à l'évidence, confronté ici à deux narrations très différentes de la naissance de "Jésus". Si on lit attentivement les textes dans leur intégralité, cela est encore plus évident! Les théologiens chrétiens ne se sont guère intéressés à ces "différences", arguant que les narrations ne sont pas à prendre à la lettre et sont à la fois approximatifs, "poétiques" et complémentaires...Ce qui explique que la tradition des crèches de Noël, qui est tardive dans l'histoire de la chrétienté et qui remonte au temps de François d'Assise, présente une étable avec un boeuf et un âne (dont on ne trouve nulle trace dans la narration de Luc), comme décor de l'évènement. Les premiers visiteurs de l'évènement de la naissance sont les bergers, puis suivent les "rois mages"...On a donc fait un amalgame de deux narrations qui n'ont guère de concordance. C'était bien plus simple que de s'interroger sur les raisons et la signification des différences dans les deux récits. N'est-il pas curieux que les théologiens ne se soient pas intéressés davantage à ce mystère? Ou l'ont-ils fait, sans y trouver de solution, préférant alors ignorer ces différences?

       Rudolf Steiner (1861-1925), le grand penseur et visionnaire, a, le premier, dans une série de 10 conférences tenues à Bâle, du 15 au 26 septembre 1909, abordé ce thème, en analysant en profondeur les textes des évangiles de Luc et de Matthieu. Il a, par la suite, encore tenu de nombreuses conférences sur ce sujet, en exposant les résultats de ses propres investigations spirituelles et ésotériques.  L'étude de ces textes est révélatrice de la profondeur et de l'étendu du travail de cet esprit exceptionnel. Pour tous ceux et celles qui sont en recherche, qui se posent des questions sur le sujet que nous avons abordé et bien d'autres encore, on ne peut que recommander vivement la lecture de ces textes.

       Nous nous contenterons ici, de nous pencher sur le message de Noël dans son ensemble, pour essayer d'en tirer quelques enseignements simples et universels. La traduction d'André Chouraqui révèle  le caractère bien particulier du style de narration de Luc et de Matthieu. On remarque immédiatement qu'il ne s'agit pas d'une évocation de type journalistique tel que nous la concevons de nos jours. Il s'agit plutôt d'un récit très épuré, une sorte de conte, relatant un évènement à la fois simple, mais troublant. Notre intellect n'y trouve pas son compte, mais notre coeur, s'il n'est pas étouffé par notre société matérialiste, peut s'émouvoir. Des images simples, mais belles, peuvent faire vibrer notre âme d'une manière inhabituelle: redevenir enfant pour s'étonner, se réjouir du merveilleux, se laisser bercer par la magie des images évoquées...Il faut dès lors, pour arriver à comprendre ce que les textes nous apprennent et saisir le sens des images proposées, ouvrir notre coeur.

        L'évangile de Luc décrit un Noël populaire, fait pour les gens ordinaires, simples, riches en leur âme, remplis de la "bonne volonté" requise pour comprendre véritablement la proclamation joyeuse des messagers du ciel. Marie et Joseph quittent Nazareth en Galilée, pour aller se présenter au recensement à Bethléem. Les bergers bouleversés par la vision de l'ange divin annonciateur, portent en leur coeur la soif d'amour, de fraternité, de paix qui leur ouvre la route vers l'endroit où ils trouvent l'enfant couché dans "une mangeoire". La narration est simple, linéaire et n'évoque aucune adversité extérieure. L'enfant Jésus dans l'évangile de Luc, propose à l'humanité un chemin vers la paix universelle dans le monde, celui de la fraternité, de l'amour, du partage. C'est l'enseignement que le grand Bouddha avait déjà tenu à ses disciples au cinquième siècle avant notre ère! Ce même message est évoqué dans l'évangile de Luc. "Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté!" L'enseignement de Bouddha et le "Noël" que raconte l'évangéliste Luc se rejoignent de par leur esprit d'appel à la fraternité, à la compassion, à la paix. Un tel message peut s'adresser à tout humain quelle que soit sa culture et répond à un besoin profond de tout être humain. Notre monde actuel est-il capable d'intégrer dans la société humaine un tel "Noël"?

       L'évangile de Matthieu, tout en restant aussi "mythique" que celui de Luc, se passe dans un "décor" bien différent. Cette narration est plutôt "réaliste, terrestre". Nous apprenons, au début du récit, que Joseph qui n'a pas encore "connu" Marie, est paniqué quand elle lui dit qu'elle attend un enfant. Il veut se séparer discrètement de sa compagne, mais le messager de Dieu l'informe, pendant son sommeil, des intentions divines. Dès son réveil, il fait comme l'ange lui a prescrit et prend chez lui son épouse. Ils habitent alors dans une maison à Bethléhem en Judée. Ici aucune évocation d'un quelconque recensement...Matthieu rapporte la venue des "mages d'Orient" qui suivent "l'étoile" qui les guide et qui leur indiquera l'endroit exact où se trouve le nouveau-né. Dans cette narration, il est aussi question du roi Hérode qui apprend par les mages la naissance du "roi des juifs" et qui pense  pouvoir se servir des mages, par ruse, pour trouver l'endroit où se trouve l'enfant, pour pouvoir l'éliminer. Il ordonnera, par la suite, en constatant que les mages ne lui ont pas fourni les renseignements requis, le massacre des enfants de bas âge, voulant ainsi s'assurer de l'élimination de ce Jésus "roi des juifs". Nous sommes ici dans un monde dramatique, plein de menaces, d'affrontements, de cruauté, bien loin de celui des pacifiques bergers, de l'harmonie des messagers du ciel, de leur visite paisible pour adorer l'enfant couché dans une mangeoire! Les visiteurs qui arrivent,guidés par "l'étoile", sont des mages venus "d'Orient", avec le statut tout particulier attaché à cette évocation. La tradition en a fait des "rois", pour signifier leur rang particulier et leur importance. En fait ces trois personnages mystérieux incarnent le savoir, la sagesse, les sciences que l'on peut acquérir et étendre sans cesse. Leurs cadeaux individuels représentent des symboles tout particuliers: l'or, l'oliban (l'encens) et la myrrhe. L'or représente les forces dont dispose la pensée humaine. L'encens représente la catharsis qui est le moyen, pour l'humain, de purifier son âme de ses entraves égoïstes afin qu'elle puisse accéder à la vérité. La myrrhe symbolise la force considérable de la volonté. Ces "mages" représentent donc, à travers les symboles attachés à leur offrande, des individualités qui possèdent un immense savoir, celui que l'on peut acquérir par les expériences au cours de vies terrestres, ils représentent l'élite parmi les "savants", les "scientifiques," à une époque de l'humanité où ce terme n'existe pas encore, dans l'acceptation actuelle. Ces mages "viennent d'orient", où les savoirs sont alors les plus poussés et on peut supposer que les trois personnalités représente la synergie de ces savoirs: ils ont la connaissance non seulement de ce qui vit et existe sur terre, mais savent aussi "lire" dans le ciel, pour observer non seulement la voûte étoilée, mais aussi y déchiffrer les messages occultes qu'elle peut afficher, pour ceux qui sont capables de les déchiffrer. En se prosternant devant l'enfant, ils s'assujettissent humblement, en reconnaissant par leur geste, que leur savoir, certes grand, ne saurait se comparer à celui des puissances de l'univers, du divin, dont l'enfant incarne à la fois l'humilité et la grandeur. Cette "imagination de Noël" garde son sens initial aujourd'hui: tout savoir, tout spécialement celui dont s'enorgueillissent les scientifiques de tous bords, reste extrêmement limité en comparaison de "Celui" qui a su créer la terre et l'univers tout entier... Tout orgueil démesuré à ce sujet se révèle dès lors, comme du pur narcissisme et devient assez insignifiant sinon ridicule. Nulle intelligence humaine ne saurait être supérieure à celle qui a tracé les espaces que nous habitons et créée l'être humain. Ce dernier est le fruit de la terre le plus précieux et toute science qui, par ses applications, nuit à la véritable vocation humaine, est le contraire du "Noël" voulu  par les mages.

        L'évangile de Luc et de Matthieu illustrent donc des situations, des intentions bien différentes, mais complémentaires. D'une part un scénario qui veut toucher le coeur humain, pour l'humaniser davantage, inciter l'être humain à "recouvrer son innocence originelle", non pour devenir infantile mais pour réapprendre à s'étonner de la vie, développer l'intérêt pour les autres, pour mieux les comprendre, les aider, les aimer davantage. D'autre part, chez Matthieu, nous trouvons une incitation à dépasser la seule perception matérielle du monde et des êtres qui y vivent: la pensée humaine donne accès aux savoirs possibles sur notre terre. Cela est nécessaire à l'être humain pour progresser. Mais notre  pensée doit s'exercer à aller plus loin que la réalité tangible, pour accéder aux réalités spirituelles qui fondent le monde matériel. Notre intelligence doit se mettre au service de l'humain, pour qu'il puisse se développer dans un contexte social incitant à la créativité et à la progression humaine. Elle doit se "prosterner" devant les exigences véritables de la nature humaine, pour en mesurer la grandeur et la vocation. Chaque être humain mérite de vivre, pour s'épanouir, pour développer ses propres talents.  C'est en purifiant notre vie intérieure de nos égoïsmes, par une catharsis symbolisée par l'image de l'oliban, de l'encens, que nous aurons accès au mystère humain de "l'autre", pour mieux le servir et l'aimer. Pour cela, la force de la volonté personnelle, symbolisée par la myrrhe, sera sans cesse nécessaire.

       Voilà des images de Noël qui sont bien loin de celles que nous présentent les médias de notre temps, qui ne cessent de vouloir nous suggérer que la fête de Noël ce ne sont que les lumières multicolores, les pères Noël  et les paquets-cadeaux! Si notre imagination sur Noël se limite à ces stéréotypes de consommation, nous nous lasserons vite, parce que, en définitive, tous ces biens matériels, parfois enviables, souvent aussi inutiles, sont tout de même incapables, à long terme, de nous combler. La société de consommation a ses mérites, mais aussi ses limites. Si elle néglige le facteur humain, si elle tolère des injustices sociales, si elle n'apprend pas à partager les richesses et l'amour de la vie avec les autres, si elle oublie ceux qui sont dans la misère, elle ne fera que nourrir des rancoeurs qui finiront par  s'affronter dans la violence et la souffrance. Prenons le temps de relire les textes qui sont à la source de la fête de Noël, pour en tirer un enseignement précieux et une force nouvelle. Les premiers chrétiens ne fêtaient pas Noël comme nous, car leur joie de Noël ils la vivaient dans leur âme, dans leur coeur. La volonté de nous ressourcer à partir de ces textes ne doit certes pas nous priver de fêter Noël selon nos traditions, ni  nous empêcher de faire des cadeaux pour faire plaisir. Mais mieux comprendre le sens de Noël, nous permettra d'avoir un regard nouveau sur cette fête et remplira notre âme d'une grande sérénité, pour apprendre à nous ouvrir aux autres, pour nous sentir solidaires et respectueux finalement de toute l'humanité. Les messages d'humanité que contiennent les évangiles de Luc et Matthieu ont donc un caractère universel: ils touchent tous les humains, quels que soit leur sexe, leur culture, leurs convictions politiques et spirituelles. Que Noël redevienne pour nous un émerveillement, une joie véritable, la fête de la grandeur de la dignité humaine, telle que l'illustrent magnifiquement les belles cantates de Noël de J.S.Bach! Noël! Noël! Noël! devient alors un cri d'amour!       

Par Myriam - Publié dans : Echange d'idées
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Samedi 19 novembre 2011 6 19 /11 /Nov /2011 17:08

                      

 

 

Le mois de novembre a les couleurs de l'automne. La nature dans un dernier sursaut de vitalité, se métamorphose en une magie de lumières qui se reflètent sur les innombrables feuilles des arbres qui prennent des teintes magnifiques avant de tomber inertes sur le sol. L'année va bientôt s'achever dans le froid de l'hiver... La Toussaint ouvre la porte sur novembre, dans un climat psychologique bien particulier, la journée suivante étant consacrée à la mémoire des défunts. La tradition chrétienne européenne attache une valeur particulière à cette période de l'année. Le calendrier liturgique ne suffisant pas à rappeler le nom de toutes celles et tous ceux que l'église a sanctifiés, le premier jour de novembre a été choisi pour célébrer tous les saints. Les communautés orthodoxes attachent aussi beaucoup d'importance au culte des saints. Ce culte avait à l'origine comme but essentiel, de présenter aux fidèles, des modèles de vies exemplaires: exemple des nombreux martyrs morts pour leur foi, exemple de personnes portées par leur foi, modèles d'espoir pour une humanité en souffrance. Saint François d'Assise reste une des icônes de grande sainteté: sa foi mystique qui se révèle jusqu'à  ses stigmates corporels, son amour universel que l'on retrouve  dans ses textes de louange à l'univers, à la nature, à tous les êtres vivants et même à la mort elle-même considérée comme une compagne libératrice. Alors que le Christ, suivant l'enseignement juif, enseignait que "Dieu seul est saint", l'église catholique a inauguré la sanctuarisation de toutes celles et ceux qu'elle jugeait dignes, à travers leur vie exemplaire et les miracles obtenus grâce à eux. Pour les fidèles, ils devenaient  alors, non seulement un modèle de vertus, mais aussi un recours dont on pouvait faire usage, par la prière.

     A travers l'histoire de l'église, on sait que les pratiques de sanctification étaient souvent fortement  influencées par les puissants en place, tant du côté ecclésial que du côté politique. Un exemple frappant reste celui de notre "Jeanne d'Arc" nationale, qui ne fut "sanctifiée", après de nombreuses tractations politico-religieuses,qu'au début du 20ème siècle!..L'église romaine a toujours continué à béatifier, puis sanctifier, après une procédure spéciale, les personnalités qu'elle jugeait dignes d'un tel honneur. Il est curieux que le choix opéré, même aujourd'hui, parait  assez anachronique: on sanctifie parfois des personnes décédées depuis très longtemps et d'autres dans un passé très proche...On se souvient que le Pape Jean-Paul II avait accéléré la procédure de béatification pour mère Térésa. Nous savons aussi  que lors des funérailles de ce même Pape, une partie de la foule présente s'est manifestée en criant que l'on devait sanctifier le défunt immédiatement. L'église romaine a aussitôt commencé les procédures de béatification, préambule à celui de la sanctification...Une première dans l'histoire de l'église romaine et surprenante au 21ème siècle. Sans porter un jugement de valeur, on peut cependant regretter qu'une pareille procédure n'ait jamais été jugée utile pour des personnalités telles l'abbé Pierre ou encore soeur Emmanuelle... Leur vie n'était-elle pas entièrement consacrée aux autres? Les procès de sanctification sont-ils encore adaptés à notre temps? L'église réformée n'a-t-elle pas sciemment renoncer à cette pratique? Si l'on pense que l'individualité humaine n'a droit qu'à une seule vie terrestre, la sanctification revêt un aspect assez étrange: cela signifierait finalement qu'un nombre limité d'individus aurait, en une vie, atteint une perfection exemplaire, en devenant ainsi, les privilégiés de Dieu, tandis que tous les autres resteraient imparfaits et tributaires de la clémence divine...En envisageant l'hypothèse de réincarnations, de vies successives, d'autres perspectives s'ouvriraient aussitôt, tout aussi problématiques: les "saints", ayant atteint leur perfection, renonceraient-ils à accompagner l'évolution de la société humaine, en ne se réincarnant plus? Or, la réincarnation ne serait-elle pas la meilleure possibilité, concrètement, d'avancer graduellement vers une perfection humaine et morale, puisque, entre deux réincarnations, les êtres humains auraient la possibilité de faire leur bilan moral, pour en tirer un enseignement pour leur prochaine vie? Ces questions valent la peine d'être posées.

      Le jour qui suit la Toussaint est celui qui est consacré à la mémoire de tous ceux et celles qui nous ont quittés. Bien des personnes se refusent de penser aux défunts, car cela évoque leur propre devenir, tous les humains étant mortels. Elles préfèrent se réfugier dans des distractions, des activités, qui leur font croire que leur vie terrestre est illimitée...D'autres, suivant une longue tradition, vont fleurir la tombe de celles et ceux qui sont partis. Un court instant pour le souvenir et la reconnaissance. Le geste accompli, la vie reprend alors vite son train habituel et l'on préfère penser à autre chose.

     Il serait peut-être utile, cependant, de prendre parfois le temps de penser davantage à nos défunts. Non pour en faire le culte, mais pour en tirer un enseignement pour notre vie en cours. Tous nos parents et amis chers qui ont disparu, ont aussi emmené avec eux, une partie de notre propre vie, puisqu'ils ont aussi participé à notre propre histoire. Tous ces souvenirs restent gravés en nous et sont autant de trésors enfuis en notre âme. Tous ces disparus, nous les avons côtoyés, partagé des instants de leur vie, leurs rires et parfois leurs pleurs. Ils formaient une trame essentiel de notre propre existence...Mais ils sont partis et ont laissé un vide immense que rien ne saurait plus combler. Plus le temps passe, plus nous nous rendons compte de ce qu'ils représentent d'irremplaçable pour nous. Par leur départ, notre environnement humain familier s'est appauvri et nous portons en nous encore tant de questions que nous voudrions, aujourd'hui, poser à ceux et celles que nous avons côtoyés . Nous croyions les connaître et pourtant, nous savons à présent, qu'ils ont emporté avec eux nombre de secrets que nous n'étions pas, alors, assez curieux  de découvrir. Etions-nous assez attentifs, assez intéressés à la richesse qu'ils représentaient pour notre vie? Les avons-nous vraiment connus, assez aimés? La triste réalité du quotidien nous démontre que chaque être humain prend souvent plus de place en notre coeur, une fois qu'il est mort...

     Puis il y a la foule immense de celles et ceux qui, murés dans leur solitude, sont morts seuls, dans leur logis ou le plus souvent, dans une maison de retraite, à l'hôpital. Dans notre société actuelle, matérialiste, égoïste et souvent inhumaine, on a pris l'habitude d'écarter du regard tout ce qui dérange la belle illusion installée. On n'aime pas être confronté aux misères humaines et surtout pas à la mort. La vie est souvent devenue, aujourd'hui, une foire de l'éphémère où beaucoup de personnes préfèrent se distraire par la consommation d'alcools, de drogues, de télé, de spectacles multiples. Grâce à ces flots de divertissements, on se laisse emporter dans une inconscience voulue, programmée, que l'on juge bienfaisante et nécessaire au maintien de l'équilibre personnel. Cela est bien compréhensible  dans une société qui est en crise constante, où la vie courante devient précaire, où l'on a peur du lendemain.

      Nos défunts nous rappellent que la vie sur terre n'est pas éternelle et que nos jours sont toujours comptés. Il peut être rassurant pour certains de penser que les progrès de la science ne s'arrêteront jamais et que ces derniers permettront, de plus en plus, de soigner voire éradiquer toutes les maladies, à freiner la dynamique funeste et inéluctable de la vieillesse, pour parvenir finalement, à donner à l'humain son immortalité...Il n'est pas interdit de rêver...Une chose, cependant est certaine: tous ceux qui portent en eux cette espérance, n'en verront jamais la concrétisation dans leur vie présente! Nous sommes donc tous confrontés à une réalité indéniable: nous naissons et finalement nous mourrons. Notre avenir terrestre est donc limité, malgré les progrès de la médecine. De tous temps, les cultures généraient leur propre croyance religieuse, qui élargissait l'horizon du devenir humain: la mort n'est point la fin de la vie humaine. Les religions ont toujours promis un "au-delà", où l'être humain continuerait  d'exister. Aujourd'hui la société occidentale a beaucoup changé. Alors que pendant plusieurs siècles, les sciences n'influaient guère sur le psychisme religieux d'une large population, après les deux guerres mondiales, la situation est toute autre. Aujourd'hui, de nombreux penseurs, philosophes, scientifiques sont athées ou à la limite agnostiques. C'est cependant bien moins le cas par exemple chez les musulmans, les bouddhistes...Cela aussi mérite réflexion.

      La mort était jadis toujours considérée comme faisant partie de la vie. On l'acceptait comme une échéance naturelle. La religion atténuait l'angoisse humaine, en proposant une foi qui ouvrait sur une espérance qui permettait de juguler les inégalités, les injustices terrestres, puisque "le jugement divin" final, représentait une justice où les bons seraient récompensés et les méchants punis. Au fil du temps et de l'évolution des consciences humaines, les humains ont pensé que la justice devait déjà régner sur terre et qu'on ne pouvait tout accepter, en plaçant tous ses espoir dans un "au-delà" hypothétique...Aujourd'hui, nous vivons dans un monde où la science est devenue omniprésente, savante, inventive et puissante, mais assujettie aux pouvoirs politiques, des affaires, des finances. Les sciences portent encore un avenir prometteur, mais le problème essentiel reste à l'échelle humaine, car les scientifiques sont aussi des humains qui sont, hélas, souvent récupérés et asservis par les puissants en place. Le paradis terrestre promis sans cesse devient alors plutôt  un espace de conflit, d'affrontement, de souffrances nouvelles. L'enfer hypothétique prêché par certaines religions devient une réalité tangible dans le monde actuel. Encore jamais l'humanité n'avait été autant menacé, sous diverses formes, comme c'est le cas aujourd'hui : nature polluée, aliments manipulés, trafiqués, déchets nocifs éparpillés, armes redoutables, nombre de centrales atomiques qui resteront une menace constante pour toute l'humanité. Bien des humains vivent aujourd'hui dans un monde où les menaces, au lieu de diminuer, vont encore augmenter, en dépit des promesses multiples des gouvernants qui, eux aussi, sont débordés par des problèmes qu'ils ne maîtrisent plus. Comment s'étonner qu'un nombre croissant d'humains soient déprimés, se bourrent de tranquillisants et de drogues diverses, pour échapper momentanément à un quotidien devenu insupportable. Un nombre croissant de suicides non seulement chez les vieux abandonnés, mais de plus en plus aussi chez les jeunes désespérés, sont le triste indice d'un monde qui va mal. Vivre dans un monde d'affrontements, d'injustice où tout idéal est considéré comme une rêverie, une chimère voire une débilité et où tout autre espace d'espoir, "d'au-delà" est, lui aussi considéré par beaucoup comme une ineptie, ne laisse qu'une issue à l'individu: celle de disparaître dans un néant. Ce vide, certains désespérés croient le trouver dans le suicide.

      Les pensées d'automne, quand la nature déploie encore tous ses feux de couleurs et de lumières avant de s'endormir dans la mort de l'hiver, peuvent peut-être nous redonner un peu d'espoir. L'hiver passé, la nature renaîtra, reprendra d'infinis couleurs pour recommencer une "nouvelle vie". L'être humain qui participe aux rythmes de la nature dont il représente le fleuron, aurait-il une destinée moins favorisée?

      On se remet alors à penser à nos chers disparus. Certains sont morts jeunes, d'autres vieux. Tous avaient des projets qui ont eu des aboutissements divers, selon les durées de vie, les conditions historiques, sociales, culturelles. Aucune vie, même riche de conquêtes, de réussites, d'expériences diverses, n'a abouti à la réalisation de toutes les espérances initiales. Et si, chaque vie, n'était qu'un des éléments d'un parcours plus long, plus exigeant, plus merveilleux? Dans cette perspective, rien ne serait plus perdu à jamais. Tous ces humains qui ont laissé leur trace, leur souvenir affectueux en nos coeurs, nous pourrions les retrouver. Nos vie prendraient un sens nouveau: elles seraient des étapes d'une longue progression, où les vies nouvelles seraient dans la continuité des vies passées, sous d'autres conditions, d'autres parcours. Un cheminement nouveau d'expériences, de réussites, d'échecs aussi, qui serait aussi pour nous un enseignement pratique et continu: apprendre à mieux gérer sa vie, à acquérir une sagesse, à vivre un amour qui se traduira dans la réalité d'une manière nouvelle, sous diverses formes concrètes, sociales et véritablement humaines.

Ceux qui sont partis laissent en nous des marques indélébiles, celle de leur affection, leur amour qui s'est révélé à travers leurs paroles, leurs faits et gestes. C'est là, la véritable valeur humaine qui réside non dans des critères matériels, mais dans les richesses spirituelles qui vivent dans l'âme humaine. Les défunts nous rappellent nos vraies priorités: notre vie terrestre n'a de sens que si nous mettons tout en oeuvre, pour nous engager, selon nos possibilités, à rendre sans cesse notre société plus humaine. Tant que la dimension, les exigences humaines ne constitueront pas le fondement essentiel de notre politique économique, notre vie sociale, culturelle, nous ne progresserons pas. Les progrès scientifiques, contrairement à ce que l'on croyait au départ, ne seront jamais les garants d'une vie humaine plus épanouie, plus heureuse, plus saine, tant que l'âme humaine, la conscience humaine individuelle n'aura pas évolué. Chaque vie humaine est infiniment précieuse. Les défunts nous présentent le miroir de cette réalité. A nous d'en tirer une leçon, à travers une réflexion approfondie de cette réalité, afin d' honorer ceux qui sont partis et de donner vraiment du sens à notre vie.              

Par Myriam - Publié dans : Echange d'idées
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Lundi 7 novembre 2011 1 07 /11 /Nov /2011 16:56

                 

 

Placido Domingo, le ténor mondialement connu, est aussi un fameux dirigeant et un des meilleurs spécialistes en matière d'opéras, à tel titre qu'il a endossé diverses fonctions importantes dans ce domaine. Comme directeur artistique, il connaît toutes les ficelles d'une profession difficile, mais passionnante.  Il suit avec grand intérêt  tous les évènements touchant le domaine de l'opéra, surtout dans les grandes villes qui ont la vocation d'être des phares représentatifs pour cet art particulier. Parmi ces hauts lieux légendaires, Bayreuth et Salzbourg tiennent un rang important, car les noms de R. Wagner et de W.A. Mozart y sont étroitement liés. Mais on songe aussi à d'autres personnalités comme Richard Strauss et Hugo von Hofmannsthal qui a fondé dès 1920 le désormais célèbre Festival de Salzbourg. A ce jour, ces villes assumaient toujours comme tâche essentielle, comme mission, de présenter les oeuvres des grands compositeurs de manière exemplaire. Les meilleurs musiciens, dirigeants d'orchestres, chanteurs et chanteuses, directeurs artistiques, metteurs en scène, décorateurs étaient requis et considéraient leur tâche comme un consécration de leur talent, comme un honneur tout particulier... Or, ces derniers temps, Bayreuth et Salzbourg, ont pris le parti de présenter les opéras et oeuvres classiques, dans des mises en scènes extravagantes, anachroniques, déformées voire choquantes. Domingo a dit, à ce propos, ce que la plupart des mélomanes avertis et connaisseurs d'opéras pensent aussi: "J'ai un problème avec ça. Cela m'est totalement incompréhensible"...Ses paroles concernaient les nouvelles productions de "Tannhäuser" et de "La Femme sans ombre"... Et d'ajouter: "En tant que directeur d'opéra, je n'autoriserais jamais des choses comme ça. En Allemagne et en Autriche, les productions controversées sont malheureusement devenues la norme...". Ces paroles traduisent un malaise profond que l'on ne peut comprendre que si l'on se penche davantage sur ce sujet.

   On aura vite compris que les propos véhéments de Domingo ne concernent pas la qualité musicale des productions en question. Il n'évoque nullement une mauvaise qualité musicale, de piètres musiciens, une mauvaise direction d'orchestre...Tout le monde sait qu'aujourd'hui, dans les grandes villes culturelles, seuls des musiciens accomplis sont engagés, dans le cadre de structures et de directives administratives strictes. Cette rigueur s'applique à tous les niveaux des formations musicales, dirigeants inclus. La critique de Domingo s'adresse donc exclusivement à des sujets tels  la mise en scène, tout ce qui concerne les décors, costumes, direction des chanteurs, chanteuses en tant qu'acteurs, actrices dans l'espace scénique. S'agit-il  chez Domingo d'un simple mouvement d'humeur ou ce jugement est-il vraiment fondé? Si on s'intéresse à l'opéra et que l'on consulte les journaux ou magazines à ce sujet, on constatera rapidement que Domingo n'est pas le seul à exprimer des critiques sur les mise en scène actuelles concernant les opéras. Apparemment Bayreuth et Salzbourg ne sont pas les seules villes mises en cause. Vienne, Paris, Berlin et bien d'autres villes ont pris l'habitude de présenter des opéras dans des mises en scènes, décors et jeux de scène vivement critiqués. Pourquoi?

     Pour aborder ces questions sérieusement, il faut étudier l'opéra de plus près. Quand est né l'opéra? L'histoire de la musique nous apprend que l'opéra naît en Italie, essentiellement grâce à Claudio Monteverdi. Purcell, Haendel, Pergolesi suivront, en inaugurant d'autres styles, d'autres formes dans le domaine de l'opéra.. Puis vint C.W. Gluck dont le merveilleux opéra "Orfeo ed Euridice", vivement critiqué au départ, amena une véritable révolution dans ce genre musical. Une innovation majeure est engagée par W.A. Mozart, ses opéras extraordinaires dans la forme et l'expression musicale montrent qu'il sut allier l'héritage musical italien au génie allemand: un opéra initiatique, sa Flûte Enchantée  (die Zauberflöte), chantée en allemand, ouvre de nouvelles voies. Carl Maria von Weber, à son tour, sera considéré, grâce à son "Freischütz", comme le fondateur de l'opéra allemand. Beethoven suivra avec son "Fidelio", son hymne à la liberté, puis de nombreux autres compositeurs allemands parmi lesquels R. Wagner et R. Strauss jouent un rôle important, en innovant et créant des formes musicales nouvelles, particulièrement révolutionnaires. Mais d'autres pays européens profitent aussi de l'héritage de Monteverdi et leurs compositeurs écrivent des opéras merveilleux, reflétant leur propre culture, leur propre style, leur propre histoire. Ainsi naissent les opéras italiens, avec un grand nombre de compositeurs prestigieux comme Cimarosa, Rossini, Donizetti, Bellini...Verdi, Puccini... Parallèlement naissent les opéras français à travers des noms comme Boïeldieu, Auber, Gounod, Bizet, Saint-Saëns, Massenet...Chabrier, Charpentier, Fauré... L'opéra russe brille aussi de mille éclats grâce à Glinka, Borodine,Tchaikovsky, Moussorgsky..Stravinsky, Prokoviev, Chostakovitch! On pourrait aussi évoquer l'opéra tchèque de Smetana et Dvorak, le polonais de Szymanowski, Penderecki...L'opéra hongrois, espagnol etc...Chaque pays européen aura ainsi son catalogue d'opéras qui sera dès lors à la disposition de tous les mélomanes.

     A partir de ce constat, il devient évident que chaque pays possède ses opéras, composés par leurs compositeurs qui, à ce titre, ont leur style, leur culture, leur histoire particulière, leur singularité. C'est une richesse formidable inscrite par la diversité et l'originalité des oeuvres présentées. Que faut-il en déduire? On sait que l'on définit l'opéra comme étant une forme musicale étroitement liée à un texte écrit par un librettiste qui écrit une histoire dramatique ou comique qui est le "sujet" de l'opéra. Le livret, le "libretto" fixe la dramaturgie, les décors, la dynamique du jeu des acteurs, les propos tenus, l'histoire évoquée...L'ensemble fixe le cadre d'évolution, la mise en place,  la création d'un opéra. Le livret existe avant la création de l'opéra et déterminera la suite du projet. Le compositeur lui, en se basant sur le texte du librettiste, écrit sa musique qui doit "coller" d'une manière parfaite et adaptée à la situation évoquée. Ce qui signifie qu'au départ, à travers le texte écrit par le librettiste, la trame objective, réaliste, physique est déjà en place: le temps historique, la chronologie est clairement fixé, le décor évoqué exactement au début de chaque nouvel acte, les costumes adaptés aux personnages et à l'époque visée. L'art du compositeur sera de mettre son génie musical en oeuvre pour insuffler la vie au texte, pour y faire surgir une âme vivante grâce à la musique qui portera et transcendera le tout. Il est évident que le librettiste joue un rôle essentiel dans la genèse d'un opéra. On s'en rendra compte bien souvent en étudiant nombre d'opéras existants où la musique est bien belle...mais le libretto faible voire nul! Nombre d'excellents compositeurs se sont découragés de n'avoir trouvé un auteur librettiste génial qui leur aurait permis de faire preuve de leur propre art. L'orfeo légendaire de Monteverdi est porté par les textes très beaux d'Alessandro Striggio. Celui de Glück, par ceux de Ranieri. Les opéras essentiels de Mozart sont bâtis sur les beaux textes de Lorenzo da Ponte et la Flûte Enchantée chantée en allemand nous rappelle l'étroite collaboration d'Emanuel Schikaneder. Richard Wagner aura le génie et l'audace d'être son propre librettiste! Richard Strauss aura divers librettistes dont le plus célèbre restera la fameux Hugo von Hofmannsthal. Toutes ces oeuvres sont des classiques inscrits à jamais dans l'histoire musicale de l'humanité. Chaque oeuvre est née à une période précise de l'évolution historique et artistique de l'histoire musicale. Le seul dénominateur commun à toutes ces oeuvres est à chercher en profondeur, dans le mystère humain, l'évocation des forces véhiculées dans l'âme humaine. Tous les librettistes mettent en scène les passions humaines, les joies et souffrances inscrites dans toute existence humaine. A travers tous les opéras, nous assistons à diverses "histoires" qui, sous des décors multiples, des situations dramatiques variées, des chronologies précises, évoquent les passions humaines.

Cela signifie donc, que chaque opéra devrait être présenté dans le cadre fixé par les textes et le scénario du librettiste. Quand Haendel présente son opéra "Giulio Cesare in Egitto", son oeuvre en trois actes, qui évoque un drame qui se passe 50 ans avant notre ère, il semble logique que les décors, les costumes soient adaptés à cette époque. Il en va de même pour le Figaro de Mozart qui colle au texte de Beaumarchais, qui met en scène le 18ème siècle. Présenter et chanter ces textes dans des costumes et décors d'aujourd'hui s'avère logiquement comme absurde, stupide. Or ce genre de "modernisation" est aujourd'hui courante. Présenter un opéra de Mozart dans des décors et des costumes d'aujourd'hui apparaît comme absurde, étant donné que cette musique est celle propre à cette époque  et que les textes évoquent un contexte social de ce temps!

      Or c'est précisément ce qui se passe actuellement sur certaines scènes d'opéra. Sous le motif de vouloir être innovants et géniaux, certains directeurs artistiques et metteurs en scènes croient "dépoussiérer" et "moderniser" les oeuvres en les plaçant  dans des décors "modernes", contemporains. Toute outrance est proclamée innovante voire géniale: tenues débrayées, extravagantes, choquantes et décors d'épouvante ou risibles, provocants. La direction des acteurs chanteurs subit dans cette lancée des métamorphoses plus qu'étonnantes. Tout tabou est levé et tout devient possible. On décrypte les textes sous les "lumières" d'une psychanalyse freudienne pour y déceler des allusions sexuelles, perverses, qu'il s'agit de mettre en évidence, à travers le jeu de rôles des acteurs chanteurs. L'importance de la dimension freudienne dans la vision de nombre de metteurs en scènes actuels est évidente et on ne peut s'empêcher de sourire quand on pense au livre de Michel Onfray, "le crépuscule d'une idole. L'affabulation freudienne." Il est navrant de devoir imaginer que nombre de jeunes ou moins jeunes croyant découvrir, s'initier à l'opéra, vont être confrontés à de tels spectacles! Cela est proprement révoltant car les oeuvres sont manipulées, défigurées, trahies. Comment ne pas partager la réaction furieuse de Placido Domingo?

     Jusqu'à ces jours, les opéras de Wagner étaient toujours l'objet d'une attention toute particulière. R. Wagner s'était battu pour garder un contrôle absolu sur tout ce qui concernait son oeuvre. Son épouse Cosima, son fils Siegfried et toute sa descendance se sont relayés pour "préserver la tradition" dans les mises en scènes, costumes, décors. Après la deuxième guerre mondiale,  Wolfgang, puis Wieland Wagner ont "modernisé" la mise en scène, grâce essentiellement aux nouvelles techniques d'éclairage et une mise en scène plus fluide, les costumes restants toujours dans un certain classicisme. Lors du centenaire de l'Opéra de Bayreuth, en 1976, grâce à Pierre Boulez, Patrice Chéreau a révolutionné le monde wagnérien par sa mise en scène de la Tétralogie. Controversé à l'époque, son travail reste un exemple de "modernité réussie", sans outrances. Aujourd'hui, les opéras wagnériens ont, de nouveau, subi des métamorphoses pas toujours très réjouissantes : décors et costumes souvent hideux, jeu d'acteurs chanteurs à la limite du supportable. La contagion a aujourd'hui saisi la majorité des opéras présentés.

      Il est étonnant et quelque peu mystérieux que des productions aussi médiocres soient financées...Alors que de toutes parts on évoque le manque de moyens financiers pour la culture, il est curieux de devoir constater que de tels projets soient soutenus. Que penser ? Les responsables de ces projets sont-ils consciemment ou inconsciemment payés pour être les destructeurs d'une culture essentielle? Nos plus grands compositeurs ont-ils mérité d'être traités de cette manière? Certains grands directeurs artistiques tel Domingo refusent de trahir les compositeurs et leur art. Il existe encore des lieux tels Glyndebourne, New York, Zurich où des directeurs et dirigeants prestigieux savent présenter des opéras dans des mises en scènes magnifiques et une direction d'acteurs chanteurs parfaite. Dans sa mise en scène de "La Gazetta" de G. Rossini, Dario Fo a su, d'une manière originale, moderniser les décors et le jeu des acteurs. Mais il a choisi un opéra comique intemporel et il a su se servir de son expérience de la "comedia del arte"! Parmi ces artistes géniaux on pourrait aussi évoquer Peter Ustinov, Zeffirelli ou encore Otto Schenk. Mais peu de metteurs en scène ont leur savoir et leur génie! On a souvent de la peine de devoir constater que de merveilleux chanteurs se laissent embrigader dans des spectacles déplorables et avilissants. Est-ce à défaut d'avoir momentanément d'autres engagements?? Il faut bien vivre...

      On sait par expérience, que les opéras présentés sous leur forme classique, avec de bons musiciens, de bons chanteurs, de beaux costumes, décors appropriés, ont toujours eu du succès. Pourquoi alors, vouloir imposer au public des spectacles affligeants qui déshonorent les compositeurs qui nous ont légués ces chef d'oeuvres  et qui ne respectent pas ceux et celles qui aiment la vraie culture? Là encore, c'est à chacun d'entre nous de réagir, de protester. La vie culturelle existe grâce à notre argent! Si les lieux d'opéras sont désertés par le grand public tant que les spectacles sont avilissants et trahissent l'oeuvre artistique, les responsables devront finalement bien changer leur manière de faire! Il est inacceptable que l'argent consacré à la culture soit dilapidé dans des entreprises qui sont un affront autant pour les compositeurs que pour les spectateurs.

     La musique est une des formes de spiritualité la plus immédiatement accessible à tout être humain, quel que soit son sexe, sa culture, son âge. Elle parle à toute âme prête à s'ouvrir au beau. Elle émeut, console, guérit. L'opéra est une forme merveilleuse de musique qui s'adresse au coeur humain, à l'émotion intime, personnelle. Mozart, par ses opéras, a su, à travers ses airs et mélodies refléter musicalement toutes les émotions humaines. Beethoven, lui, a donné au monde, à travers son "Fidélio" un message éternel d'amour et de fraternité humaine.

      Placido Domingo se révolte à juste titre de la destruction programmée des spectacles d'opéra. On ne peut qu'espérer que sa voix soit vraiment entendue par tous ceux qui aiment l'opéra. Il est grand temps que nous réagissions contre la destruction de notre culture musicale.  Nous ne pouvons laisser libre cours à ceux qui veulent empêcher les générations présentes et futures de se nourrir à une culture qui est belle, généreuse, enrichissante. Prenons notre responsabilité en réagissant par tous les moyens dont nous disposons. Mieux vaut lutter pour une culture qui enrichit l'être humain que de subir une culture dégradante, avilissante, destructrice. La musique d'opéra mérite d'être présentée dans son cadre véritable par respect pour les artistes qui nous l'ont léguée, pour que nous puissions y puiser les émotions qui font vibrer notre âme et la beauté qui enrichit notre esprit.

     

  

Par Myriam - Publié dans : Echange d'idées
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Dimanche 9 octobre 2011 7 09 /10 /Oct /2011 14:46

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A longueur d'année, les médias nous submergent de nouvelles catastrophiques. Parmi celles évoquées, celles concernant les menaces sanitaires prennent une énorme importance. Cela paraît normal, puisque qu'il s'agit en définitive, du souci de préserver notre santé, de soigner nos maladies, de préserver notre vie. Encore jamais, dans l'histoire de l'humanité, les informations concernant le domaine de la santé, des progrès de la médecine et, en corrélation, des dangers guettant l'être humain, n'ont été aussi nombreuses...et aussi contradictoires. Dans de nombreux colloques radiodiffusés, télévisés, repris par les revues et journaux, on évoque les dangers du cancer, ses ravages grandissants dans la population, les maladies cardiovasculaires, la maladie d'Alzheimer...Nous vivons une drôle d'époque où, d'une part nous sommes constamment sollicités par d'innombrables informations médicales souvent contradictoires et d'autre part de nouvelles très optimistes clamant que l'espérance de vie est en constante augmentation, que la médecine progresse prodigieusement. Sur le coup, on se met à rêver, à redevenir optimiste, puisque notre horizon de vie devient plus étendu, plus prometteur...Mais ce bonheur  est vite tempéré, amoindri, quand nous apprenons que l'espérance d'une vie plus longue, pour plus de personnes, a aussi son revers redoutable. Loin de nous présenter un modèle de vie enviable, voilà qu'on nous fait craindre le pire: la déchéance, l'anéantissement au cours de la vieillesse...  A intervalles réguliers, les médias nous informent que d'une part, un nombre grandissant de personnes âgées sont frappées de la maladie d'Alzheimer et d'autre part que notre pays manque cruellement de maisons de retraites adaptées.

        Notre société plonge dès lors dans une crainte constante:  aux menaces du cancer,  de maladies cardiovasculaires,  voilà qu'à ces pathologies frappant le corps physique, s'ajoute l'épouvante d'une maladie  aboutissant à la disparition inéluctable de la conscience personnelle et des acquis de la mémoire. Perdre l'auto conscience, ne plus savoir qui on est, ne plus reconnaître les siens, perdre ses souvenir, est-ce encore exister? Certes, le malade, dira-t-on, s'il n'en a pas conscience, n'en ressentira aucune souffrance. C'est avant tout son entourage qui risque d'être traumatisé par la vision de la déchéance irrémédiable du malade?...Peut-on vraiment être sûr que le malade soit complètement inconscient, à tout moment, de son état véritable ?? Entre le début de la maladie et l'aboutissement fatal, l'installation définitive, irréversible,  de la "maladie d'Alzheimer", il peut s'écouler un temps très variable qui, lui, est certainement porteur d'énormes tensions et de souffrances intimes pour le malade, ce dont nous n'avons aucune idée. L'incertitude quant à l'état mental véritable, "l'état d'âme" du malade, nous paraît d'autant plus menaçante, mystérieuse, effroyable, qu'il s'agit d'un espace qui nous échappe complètement. Or, tout phénomène inconnu, dès que nous essayons de le comprendre, sans jamais y parvenir, ne peut que nous inquiéter encore davantage.

      La maladie d'Alzheimer est devenue une des plus grandes frayeurs de notre temps. Comment pourrions-nous avoir une vision apaisée de notre "retraite", espérer une vieillesse épanouie, heureuse, faite de liberté, de temps disponible, si cet espace qui s'ouvre, après une vie de labeur, porte la lourde menace de la maladie, qui peut soudain effacer de notre mémoire nos souvenirs les plus précieux, nous arracher à notre environnement naturel, social, à notre famille, nos amis et nous enlever la conscience véritable de notre propre existence?  Cette peur et ces préoccupations sont devenues un problème social national. Nos gouvernants sont confrontés à de nouveaux problèmes dramatiques: l'augmentation constante de ces malades nécessite des structures hospitalières nouvelles adaptées, des médecins et soignants nombreux et spécialisés. En cette période de crise financière, d'endettement excessif de l'état, ce problème prend des dimensions dont on ne connaît encore l'ampleur. La situation sanitaire d'un état influe naturellement considérablement son budget et tous les responsables ont à faire face à des problèmes gigantesques. Mais la situation étant ce qu'elle est, on n'a plus le choix, il faut bien réagir...De quelles aides dispose le malade supposé être frappé de la maladie d'Alzheimer? Le médecin généraliste l'envoie chez un collègue "spécialiste" qui lui fait passer différents tests pour juger de l'état cérébral du patient, l'existence avérée ou non de cette pathologie, quantifier son ampleur. Tout est codifié, analysé et les tests sont répétés à intervalles réguliers, pour contrôler "objectivement"  l'évolution de la maladie. En un temps où les médias nous informent à longueur d'année de cette maladie, nous prévenant que nos "oublis" répétés, nos "trous de mémoire", au courant de notre vie quotidienne pourraient être des symptômes, des signes annonciateurs de la terrible maladie, comment s'étonner qu'un nombre croissant d'hommes et de femmes, alors qu'ils sont peut-être même encore bien éloignés de l'âge de la retraite, s'inquiètent dès que leur mémoire est défaillante! Une véritable psychose peut s'installer déclenchant une panique chez bien des personnes craignant déjà d'être la proie "d'Alzheimer"...Dans un passé pas tellement lointain, on acceptait, sans inquiétude exagérée, d'avoir parfois des "trous de mémoire" en se disant, en souriant, qu'on était en train de vieillir. On ne considérait pas l'affaiblissement de la mémoire comme une maladie fatale, mais comme une chose naturelle. Les gens savaient aussi que l'abus d'alcool, de stupéfiants pouvait être préjudiciable au bon fonctionnement cérébral et que de grands chocs émotionnels pouvaient aussi ébranler la mémoire humaine. Tous savaient aussi qu'une mémoire non entraînée, risquait de se détériorer à long terme: les anciens comédiens, les musiciens, les écrivains qui ont souvent gardé une excellente mémoire, en étaient une preuve évidente. Aujourd'hui, les médias dissertent tellement sur la maladie d'Alzheimer, que nous finissons tous par être traumatisés. On nous conseille, au moindre doute sur la qualité de notre mémoire, d'aller consulter notre médecin, pour nous prévenir contre la maladie redoutée...Pour aboutir finalement à quoi? A nous faire, éventuellement, suivre une "thérapie" qui nous prescrira régulièrement des "tests de contrôle". Qui serviront à quoi? A rien, sinon à nous inquiéter toujours plus, selon le résultat des tests. Nous savons à travers notre propre expérience, que même dans des tests de compétences professionnelles, de contrôle d'aptitudes, de connaissances, nous sommes tellement stressés que les résultats des tests parfois calamiteux  ne révèlent nullement objectivement nos capacités normales. Alors que dire dès qu'il y va de notre mémoire, de notre état mental, de notre santé cérébrale, quand nous craignons déjà inconsciemment d'avoir un début de maladie d'Alzheimer?

      On est donc en droit de se poser la question de l'utilité de ces tests.  Existe-t-il une médication, un traitement avéré pour soigner la maladie d'Alzheimer? Tous les spécialistes en la matière sont pour une fois unanimes sur ce sujet: Non!!! Où reste dès lors l'utilité de tests qui sont une terrible épée de Damoclès pour les malades avérés ou supposés? A partir de ce constat affligeant, à défaut d'avoir, pour le moment, la possibilité de soigner la maladie, il devient primordial d'en analyser, autant que possible, les causes véritables du mal, pour pouvoir conseiller utilement la population. Une telle analyse ouvre sur diverses pistes qu'il faut impérativement étudier, avec soin. Elle doit, pour être aussi complète que possible, prendre en compte les facteurs matériels, physiques, mais aussi, psychologiques.

      Des études scientifiques récentes ont laissé planer le soupçon que l'absorption de certains médicaments, tels les divers psychotropes, certains tranquillisants, les somnifères ainsi que d'autres drogues, endommagent le cerveau et ouvre la voie à la maladie d'Alzheimer. Une excellente émission de "C dans l'air" s'est penchée sur ce sujet et peut être consultée sur internet. Quand on sait que la population française est, hélas, une championne de la consommation abusive de tranquillisants et psychotropes, comment ne pas s'étonner de l'ampleur qu'a prise cette maladie? Les abus et scandales de médicaments dévoilés actuellement, illustrent  de grandes dérives dans le monde médical et pharmaceutique. L'industrie du médicament est devenue, au fil du temps, un enjeu financier énorme où trop souvent la rentabilité économique a pris le pas sur le souci premier qui devrait être  l'efficacité et le soin des malades. Trop souvent aujourd'hui les analyses de contrôle avant la mise sur le marché d'un nouveau produit, sont accélérées, les effets secondaires observés, connus, souvent occultés, les rapports manipulés. Les lobbies des laboratoires exercent leur influence sur les hommes politiques, les visiteurs médicaux emploient des moyens parfois dispendieux pour gagner le soutien des praticiens. Comment en serait-il autrement dans notre société actuelle où l'argent et le profit rapide deviennent la priorité absolue, la preuve de l'efficacité, de la réussite? On sait  aussi, que les médecins généralistes qui ont suivi une dizaine d'années d'études, n'ont consacré, en fin de cycle qu'un nombre d'heures très limité à la connaissance des médicaments dont ils seront, de par leur fonction même, les prescripteurs...Drôle de situation, tout de même, de devoir constater que les médecins prescrivent des remèdes dont ils ne connaissent  le nom que par le Vidal, les indications (et  contre-indications) qui y figurent, fournies par les laboratoires eux mêmes et peut-être par quelques prospectus du visiteur médical...Alors certains prennent leurs "habitudes de prescriptions",   se donnant bonne conscience en affirmant que le patient qui vient voir son médecin, n'est point satisfait sans une feuille d'ordonnance bien remplie, qui le rassure.... Combien de temps l'Ordre des médecins pourra-t-il encore, directement ou indirectement, se rendre complice de telles pratiques? Il serait peut-être temps de réviser l'ensemble du monde médical, de mettre  plus de rigueur dans une véritable surveillance des pratiques médicales, puisque le budget de la sécurité sociale pâtit grandement de ces excès: médicaments souvent très onéreux, parfois inutiles voire  dangereux pour le malade. Une formation continue des médecins sur les médicaments, leurs effets et leurs interférences, serait plus que nécessaire, pour que ces derniers puissent prescrire en connaissance de cause, d'autant plus, que chaque année, de nouveaux produits sont mis sur le marché. Les études actuelles sur la maladie d'Alzheimer font de ces réformes  une priorité absolue pour réduire considérablement les prescriptions de médicaments soupçonnés de favoriser l'apparition de cette maladie.

     Après les causes matérielles évoquées, il faut évidemment aussi étudier les causes psychologiques qui pourraient être génératrices de la maladie d'Alzheimer. Nous savons tous que dans notre société actuelle, le tissu social est souvent distendu et mis à rude épreuve. La population active est tellement stressée dans un monde en crise, avec son lot d'incertitudes, son énorme taux de chômage, que les liens entre les individus, entre jeunes et vieux sont de plus en plus distendus voire rompus. Familles monoparentales, reconstituées, séparées, dispersées génèrent de nombreuses victimes dont la maladie première s'appelle "la solitude" et l'abandon. Un être isolé finit, faute de liens, de communication, d'échanges, de s'appauvrir et de perdre finalement le contact et le goût de vivre. Cela est valable pour une population jeune et encore davantage pour une population âgée. Le mal-être, la dépression, les insomnies s'installent peu à peu, favorisant la prise répétée de médicaments sur un long terme.  Il faut recréer des lieux où jeunes et vieux peuvent se rencontrer. Cela peut fortement contribuer à assurer une meilleure santé psychique pour les aînés .

        On peut encore aborder un autre plan, plus profond, plus mystérieux. Nous savons que l'être humain est avant tout un être social, ce qui explique que, dès qu'il est isolé, non intégré dans l'ensemble social, il devient malade, désespéré, parfois même suicidaire. Mais il existe encore une autre cause de "mortalité mentale" qui a ses origines dans la vie intérieure, dans l'âme, dans l'intimité humaine. L'être humain a "une tête qui pense", il en tire des enseignements que lui permet son approche du monde sensible où il vit. Il observe, il réfléchit, il imprègne sa vie intérieure. Son individualité, son "moi" se forge au fil de ces exercices. L'évolution humaine a connu bien des changements au fil du temps. Pendant très longtemps, l'humanité a vécu dans diverses cultures, où la spiritualité, l'idée d'une transcendance divine, sous l'image des dieux de l'antiquité ou du Dieu unique, dans l'optique judaïque, puis chrétienne, a tenu le rôle essentiel. Tout savoir était assujetti au rôle déterminant du divin. Ce n'est qu'à partie du 16ème siècle qu'en Europe naît l'idée d'une connaissance du monde à travers les méthodes et instruments scientifiques. Les sciences ayant pris un essor formidable au 19ème et surtout au 20ème siècle, la connaissance matérielle "physique" a pris de plus en plus d'importance dans notre société. Pour un grand nombre de personnes la "crédibilité en la science" a pris le pas sur la "foi en Dieu"...Les approches de la vie courante se sont ainsi diversifiées, selon les cultures, les traditions, les convictions. . Cela pose à chaque individu un dilemme terrible: s'il n'accorde "sa foi" qu'en la science, il se refuse de "croire" à tout autre espace spirituel, hors du matériel. Logiquement il devra donc en déduire que l'être humain n'étant qu'un organisme physique,  est condamné à disparaître, à plus ou moins long terme, à mourir. Cette idée est commune aux scientifiques en général, à un grand nombre de philosophes et intellectuels actuels. Mais cette idée désagréable est généralement vite évacuée de la pensée, occultée dans la vie active. Qui aime, tant qu'il est sain de corps et d'esprit, penser mourir, surtout s'il ignore de quelle manière il va subir cette épreuve. Mais quand arrive le temps de la vieillesse et que la mort approche à grands pas, la "tête qui pense" se met à se poser de multiples questions. Puis-je me résigner à devoir éventuellement souffrir avant de mourir, à accepter l'inévitable, à disparaître à jamais avec mes souvenirs, mon vécu qui n'auront plus de poids, plus d'existence? Ou existe-t-il éventuellement un "ailleurs" susceptible de faire renaître en moi une folle espérance?

     Quand on connaît l'impact sanitaire du "psychosomatique" chez l'être humain, est-il vraiment absurde de considérer cet aspect intime de l'être humain comme non négligeable? Un être engagé sur le chemin de la vieillesse est sorti de la vie dite active et a le temps de se poser ces questions. Il devient alors évident que selon qu'il porte en lui des valeurs, un espoir en son fort intérieur, il arrivera à mieux gérer sa vieillesse qu'un individu qui ne trouve en son âme qu'un vide effrayant. Il arrive parfois, qu'au cours de leur vieillesse, les aînés se mettent à réfléchir, à lire, à méditer et finissent par trouver une sérénité, une paix nouvelle, un espoir renaissant qui les fait vivre debout et conscients jusqu'à la fin de leur vie terrestre. Cela  mérite notre considération et notre réflexion personnelle.

     Dans la vie, toute menace nous invite à une prise de conscience qui peut nous inciter à étudier les évènements de notre vie en profondeur, pour en tirer une leçon. Si nous sommes tétanisé par l'expansion de la maladie d'Alzheimer, nous n'en viendrons pas à bout, mais au contraire, nous ranimerons en nous des craintes encore plus vives, plus paralysantes, plus destructrices. Nous vivons pour observer, apprendre, prendre conscience et réagir. Ce n'est pas le rôle de l'état et des gouvernants de s'occuper de tous les problèmes de leurs citoyens . Ce devoir incombe à chacun, chacune d'entre nous, pour étudier attentivement, objectivement les problèmes que nous posent la vie et contribuer pour notre part, selon nos moyens, à peser personnellement sur le cours des évènements.          

Par Myriam - Publié dans : Echange d'idées
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Mardi 27 septembre 2011 2 27 /09 /Sep /2011 12:31

 

 

Un des problèmes majeurs évoqués dans les débats politiques actuels est celui de l'accroissement de la population française âgée et les difficultés sociales, économiques qui en découlent. Notre société vit constamment dans des flux d'affirmations diverses qui reflètent toutes les contradictions et  paradoxes liés aux situations sociales actuelles. D'une part, les responsables politiques proclament haut et fort que "l'espérance de vie" de chaque citoyen augmente chaque année, suite aux progrès de la médecine et de l'amélioration des conditions de vie. Cette affirmation souligne alors fermement l'excellence de notre médecine actuelle et de notre système de santé. D'autre part, ces mêmes personnes s'inquiètent aussi vivement des problèmes nouveaux et croissants que génère une population âgée, qui sollicite de plus en plus de moyens financiers, d'assistance, de structures adéquates pour l'accompagnement médical. Ce sont là des questions difficiles qu'il faut analyser soigneusement pour en comprendre l'ampleur et pouvoir entreprendre les démarches nécessaires afin d'arriver à résoudre les difficultés qui se présentent.

        Certes, il est indéniable que "l'espérance de vie", globalement, s'est considérablement rallongée grâce aux progrès de la médecine en général et des moyens techniques nouveaux qui sont disponibles aujourd'hui. Les statistiques sont là pour le prouver...Mais est-ce là un phénomène appelé à s'étendre continuellement? Cela est moins sûr. N'oublions pas que les "vieux" actuels ont encore vécu l'essentiel de leur vie  dans des environnements, des conditions sociales et psychologiques bien différentes de notre contexte actuel. Leur jeunesse et leur vie active se déroulaient alors dans des conditions climatiques, sociales, économiques qui ne connaissaient pas encore la production alimentaire intensive conditionnée par l'ajout de nombreux produits chimiques, de moyens de conservation divers, de manipulations génétiques diverses. Leur vie professionnelle était certes difficile, parfois même précaire, mais on ne connaissait pas encore le "stress" dans l'acceptation actuelle sous ses diverses formes. On sait que dans l'existence, les conditions de vie, l'alimentation, l'ouverture sur l'avenir, l'espérance, jouent un rôle essentiel. Le psychisme humain tient un rôle non négligeable dans la santé de l'individu. Les conditions de vie actuelles sont assez ambiguës: nous avons à notre disposition des produits et des moyens considérables qui, trop souvent, au lieu d'aider l'individu, le mettent en situation de frustration et de révolte. Bien des scientifiques affichent leur doute quand à la certitude de l'allongement véritable de l'espérance de vie, à long terme, pour les générations montantes. Nos conditions de vie actuelles suffisent-elles pour nous garantir une vie saine et continuellement rallongée? Les conditions psychosomatiques jouent un rôle essentiel pour la santé humaine...Sont-elles vraiment prises en considération actuellement?

      Un autre paradoxe actuel réside dans une malhonnêteté évidente: peut-on affirmer de manière triomphante que le génie inventif des chercheurs scientifiques nous promet un meilleur avenir nous permettant une vie qui va se rallonger sans cesse  et en même temps se plaindre, craindre le poids financier que cela représentera pour la société?  Journellement, les actualités nous présentent ces aspects contradictoires...Que veut-on vraiment? La France vieillit et voilà que l'on se trouve dans l'impasse: manque de lieux d'accueil, manque de personnel, manque de moyens financiers.

Que faire?

         Quand on se penche sur ces problèmes, on découvre des aspects peu reluisants dans notre société. Quelle est l'attitude dominante concernant la vieillesse dans notre civilisation occidentale? Elle est diamétralement opposée à celle de l'orient. Les sociétés orientales ont généralement toujours eu une attitude respectueuse envers leurs aînés. Ces derniers sont considérés, de par leurs expériences de vie, comme les détenteurs du savoir et de la sagesse. Les jeunes les respectent, sollicitent leur avis, les considèrent comme essentiels à la vie sociale et estiment comme leur devoir naturel, de les accompagner au mieux durant leur chemin de vieillesse. Leur spiritualité, leur religion, souligne la nécessité de ce devoir des jeunes envers leurs aînés. Cette loi fait partie intégrante de toutes les spiritualités orientales, elle s'inscrit dans la vie sociale quotidienne, même pour les familles les plus modestes. La société occidentale a pris un tout autre cours. Elle a, aujourd'hui, souvent peur de la vieillesse, la considère comme une sorte de "scandale inévitable et redoutable" puisqu'elle aboutit à la mort, à l'anéantissement. On préfère ne pas en parler...Dès lors, la seule issue à l'affreuse réalité pousse à choisir la polarité du phénomène tant redouté: vive la jeunesse! Tout est axé sur la jeunesse. Etre jeune, rester jeune, vivre peut-être -grâce aux progrès de la science- éternellement jeune! Le mythe de Faust se réveille: être ou redevenir jeune et le rester à jamais... Or nous savons tous, que cela reste un rêve, une fiction.

        Une contradiction de plus: on veut que la vie soit rallongée sans cesse...mais sans que l'on vieillisse physiquement! Nous vivons donc dans l'ambiguïté permanente. Vouloir vivre plus longtemps sans vieillir est-ce vraiment raisonnable? Cette attitude révèle une grande tragédie de notre temps: tous ceux et celles qui "entrent en vieillesse" deviennent gênants et on préfère alors les transférer dans des "lieux spécialisés", du moins pour ce qui concerne les personnes âgées qui en ont encore les moyens financiers...La population active actuelle n'a souvent ni la force, ni le temps, ni l'envie de s'occuper des "vieux". On se donne alors bonne conscience, en s'efforçant de trouver une "organisation" adéquate. Or nous savons que la plupart des institutions s'occupant des personnes agées sont surpeuplés et manquent toujours de moyens financiers.

Comment en est-on venu à ces situations malheureuses? Elles sont très révélatrices des dérives de notre société en crise d'humanité.

       Alors qu'autrefois, même dans les familles modestes, on se souciait des aînés et on essayait de les accompagner dans leur dernier parcours, la dissolution des tissus sociaux, à travers les divorces, séparations, éloignements, familles recomposées, a eu pour conséquence l'isolement, l'abandon des vieux. Il est assez significatif que très souvent, dans les campagnes, les personnes âgées restent, encore aujourd'hui,  dans leur logis jusqu'à leur décès. Le tissu social est encore plus solide ici que dans les villes. Si on manque aujourd'hui cruellement de place et de personnel dans les maisons de retraite, c'est que beaucoup de "jeunes" qui auraient peut-être la possibilité et les moyens de s'occuper de leurs aînés, ne veulent pas s'encombrer d'une telle charge. L'égoïsme l'emporte sur l'altruisme et la compassion. Alors que l'orient vit en partie encore dans une culture imprégnée de l'enseignement de la compassion de Bouddha, alors que le monde musulman a aussi une attitude respectueuse envers la vieillesse, notre monde occidental matérialiste est devenu de plus en plus égoïste et souvent très cruel envers les populations vieillissantes. On ignore trop souvent dans notre société privilégiée sous bien des aspects, que la véritable valeur de la vie humaine réside dans les infinies richesses humaines et non dans les seules valeurs matérielles, financières. Quel futur peut avoir une civilisation qui ne s'occupe plus d'une population qui a acquis beaucoup d'expérience de vie, de savoir, et peut-être aussi, pour certains, de sagesse?

       Un autre problème important se pose évidemment aussi: le "problème économique" attaché aux questions de gestion politique et financière. Mais est-ce uniquement une question d'argent? L'argent est certes nécessaire, mais ne faudrait-il aussi étudier d'autres aspects tout aussi, sinon même plus importants? On sait pertinemment que l'accroissement des dépenses liées à l'accompagnement des personnes âgées, est en grande partie, dû aux nombreuses pathologies liées aux problèmes de la vieillesse. Les personnes âgées sont-elles condamnées à subir toutes ces maladies? Ou beaucoup de ces "complications de santé" pourraient-elles, en partie au moins, être évitées? Ces sources de maladies ont diverses origines dont on connaît certaines causes. Une grande partie parmi elles sont d'ordre psychosomatique. On sait que les sujets qui sont "bien dans leur tête", qui sont cultivés, qui continuent à s'intéresser à des activités, qui sont curieux de connaître, de suivre l'actualité, qui lisent, qui aiment discuter, sont en général moins malades que d'autres. Il en est de même pour les personnes âgées qui sont en contact avec des personnes jeunes. L'expérience a montré qu'associer de jeunes parents, leurs enfants et les gens âgés pouvait s'avérer agréable voire très utile. Les personnes âgées ont le temps de s'occuper d'enfants jeunes, ils peuvent leur raconter des histoires, les aider dans leurs devoirs de classe, les écouter raconter leurs expériences journalières. Le contact avec la jeunesse est vivifiante pour les aînés et peut aussi être une expérience utile et gratifiante pour les jeunes parents. Un nouveau tissu social peut naître pour générer des moments merveilleux et salvateurs. Il n'y a rien de pire que d'abandonner des personnes vieillissantes  dans un "ghetto de vieux": c'est soustraire les individualités à la vie véritable qui est faite de contacts quotidiens enrichissants qui donnent du baume au coeur. Extrait de la vie normale, l'individu se meurt psychiquement, puis physiquement.

       Les institutions pour nos chers vieux sont trop souvent pauvres...en idées, en imagination, en créativité. Il est affligeant d'observer les activités proposées dans les "maisons de retraite". La télévision allumée du matin au soir, sans souci du programme proposé est souvent l'unique distraction...Nos chers vieux  regardent des programmes pour eux souvent insignifiants et s'endorment finalement. C'est tout autre chose dont l'âme humaine a besoin: elle veut comprendre, participer,créer elle-même. Il existe des établissement privilégiés, hélas trop peu nombreux qui répondent à ces exigences essentielles de l'être humain. Proposer des conférences culturelles sur des sujets intéressants suscitant la curiosité et encourageant le débat, des concerts ouvrant l'âme à la sensibilité artistique, ou encore encourager des activités créatrices telles le dessin, la peinture,le modelage etc., qui ouvrent l'esprit sur les possibilités de la fantaisie et de l'imagination humaine. L'individualité s'épanouit, se vivifie, se structure dès qu'elle devient créatrice et qu'elle découvre les potentiels de sa vie intérieure. Qui s'applique à créer, contribue à se revivifier, se rajeunir... Les énormes craintes liées à la maladie d'Alzheimer pourrait être évitées, si au lieu d'administrer certains médicaments aux contre- indications diverses, on utilisait des pratiques favorisant la créativité et l'épanouissement humain...Celui ou celle qui abandonne toute initiative, tout intérêt personnel, se rabougrit et finit par disparaître.

        La vieillesse n'est pas nécessairement une malédiction, un fin de parcours aboutissant au néant. C'est l'âge de la vie peut-être le plus intéressant pour l'individu s'il en décèle les profondeurs et les richesses. La majeure partie de la vie ayant été vécue, on peut la reconsidérer objectivement avec ses aspérités faites de réussites et d'échecs. Une fois le bilan établi, il devrait résulter un gain d'une nouvelle qualité précieuse voire essentielle: l'acquisition d'une certaine "philosophie de vie personnelle" faite à travers nos expériences passées, une sagesse qui peut redonner toute la saveur pour la vie qui nous reste. Si l'esprit reste vif, la curiosité intacte, l'appétit de vie constant, la vieillesse peut devenir un gain, une bénédiction même...On apprend, dès lors, à distinguer ce qui est vraiment important et ce qui est finalement futile. Bien des personnes ont découvert alors une spiritualité profonde ancrée en eux, mais qu'ils avaient ignorée jusqu'alors, parce que les problèmes de la vie quotidienne avaient plus de poids que l'appel de l'âme, de la vie intérieure. C'est avec l'âge que nous prenons aussi de la distance par rapports aux choses, aux évènements, aux individus. A l'épreuve du temps, les proportions des évènements de la vie prennent d'autres couleurs. On devient plus lucide et plus réaliste. A moins de mourir jeune, tout le monde suit le même cours: la vieillesse est le dernier parcours d'une vie, que l'on soit riche ou pauvre. La mort devient alors un moment de désespérance absolue ou une ouverture sur des horizons nouveaux...Si nous prenons le temps de méditer sereinement sur ces questions importantes, notre peur, peut-être, se dissipera et nous nous rendrons compte que notre vie passée est trop riche d'évènements pour se terminer sur un néant. Les véritables richesses de notre vie sont-elles vraiment limitées dans le temps et condamnées à disparaître? La nature semble mourir en hiver...et pourtant elle renaît sans cesse au printemps...Aurions-nous moins d'importance que les arbres et les fleurs qui renaissent?   

 

         

 

Par Myriam - Publié dans : Echange d'idées
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